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S1E4 : Quand le passé resurgit

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CAW Birthday : 10/02/2016
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Alec Harrington
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MessageSujet: S1E4 : Quand le passé resurgit Lun 27 Juin 2016 - 22:13


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Quand le passé resurgit

Allongé dans son lit, Alec avait les yeux grands ouverts. Le réveil indiquait cinq heures et demi et ne sonnerait pas avant un autre quart d'heure. Le jeune homme les avait d'abord regarder défiler, incapable de se rendormir. Puis, il s'était perdu dans la contemplation du plafond. Toile vierge, il y projetait ses idées, ses pensées et ses souvenirs. Incapable de leur mettre un peu d'ordre, Alec préférait se perdre dans leur observation comme on se perdrait dans l'immensité du ciel. Il revoyait le sourire chaleureux de sa mère quand elle lui disait qu'il était l'heure d'aller se coucher. Il revoyait les fossettes de son père quand il éclatait de rire à gorge déployée. Il revoyait les mèches blondes de son meilleur ami. Comme à chaque fois, Alec sentait son cœur se serrer à l'idée de ne plus jamais les revoir. Portant la main à sa poitrine, l'étudiant se gratta le pectoral droit par dessus son marcel blanc. Il laissa ensuite sa main choir là avant de fermer fort les yeux. Ils le brûlaient de fatigue, ou peut-être d'avoir trop pleuré. En effet, l'orphelin se surprenait encore à verser des torrents de larmes sans raison apparente. Conscient qu'il s'agissait sûrement du deuil qu'il n'avait pas d'autre choix que de faire, Alec s'isolait. Il ne pouvait pas en parler à quiconque. Bien sûr, il était tentant de dire la vérité à Andrew, son nouvel et quasi unique véritable ami. L'étudiant en lettres détestait mentir, mais jusqu'ici, il lui semblait que c'était plus sage. Et bien qu'un lien étrange semblait les rapprocher de jour en jour, Alec réalisait qu'il ne le connaissait pas si bien que cela. Mais s'il venait à le découvrir tout entier, Andrew exigerait sûrement la même chose de son côté. C'était un risque qu'il n'était pas prêt à prendre. Et s'il devait l'abandonner un jour, lui aussi ? Il ne supporterait pas de créer quelque chose dans le simple but de le voir inévitablement s'effondrer. Quand enfin l'alarme se déclencha, le jeune homme se tourna doucement vers elle, le regard las. Il désactiva toutefois bien vite le réveil avant de se dresser sur ses deux jambes. Ce matin, Alec était d'ouverture et devait se rendre au café plus tôt que d'habitude.

Alors qu'il marchait dans la rue pour aller prendre le bus, Alec en vit un le dépasser à toute allure. Il plissa les yeux pour être sûr de bien lire le numéro qui s'illuminait. Il allait le rater ! L'arrêt était encore à cinq bonnes minutes de marche. Décidant qu'il pouvait encore le rattraper, l'étudiant se mit à courir en priant pour que foule se fasse devant les portes et que le conducteur ne puisse pas redémarrer trop rapidement. Lorsqu'il arriva, presque pas essoufflé par ce sprint improvisé, Alec eut la bonne surprise de voir que le bus attendait que tous les passagers montent à bord. Une petite file s'était formée devant les deux grosses portes mécaniques et Alec s'y joignit avant de dégainer son titre de transport. La deuxième bonne surprise l'attendait à l'intérieur : une place assise était encore libre et aucune personne âgée n'attendait qu'on lui cède sa place. Cette journée ne commençait peut-être pas si mal que cela, finalement. L'étudiant retira le sac à dos qu'il portait sur ses épaules et s'assit sur un des sièges. Il descendit la fermeture éclaire de son sac pour y enfourner la main à la recherche de ses écouteurs qu'il brancha à son MP3 pour écouter de la musique le reste du trajet.

Le portail mécanique se relevait dans un bruit de ferraille et laissa bientôt place à Alec. Celui-ci s'engouffra dans l'entrée et déverrouilla la porte d'entrée principale de l'établissement. Il ne rechignait généralement pas à faire l'ouverture. Le jeune homme appréciait la solitude. Quand la journée commençait de la sorte, elle passait généralement rapidement. Mais celle-ci semblait s'obscurcir de minutes en minutes. Déjà la pluie s'était remise à tomber, broyant l'esprit joyeux de la population San Franciscaine sur son passage. Les clients se pressaient à l'intérieur à la recherche d'un peu de chaleur et de caféine. Son service touchait à sa fin mais Alec avait décidé de faire quelques minutes supplémentaires, histoire d'aider ses collègues à évacuer sur le surplus de commandes. Il nettoyait les tables avant de rendre son tablier pendant qu'ils servaient la clientèle. Le torchon sur l'épaule droite, Alec s'affairait sur le petit bar disposé le long des baies vitrées du coffee house quand son regard fut attiré par une silhouette qui se tenait derrière la cloison transparente. Ils restèrent un instant à se contempler. C'était comme fixer un fantôme droit dans les yeux. En en oubliant presque le produit sur la table, Alec se précipita en arrière boutique pour reprendre son souffle. Ses yeux étaient écarquillés et sa respiration avait accéléré en même temps que les battements de son cœur. La fatigue devait lui faire avoir des hallucinations. Cet homme qui se tenait derrière la vitre, celui qu'il avait dévisagé plus longtemps que de raison, il avait cru que c'était Arthur. L'inconnu devait s'être senti agressé d'être ainsi regardé et Alec avait pris la fuite. Je suis en train de devenir fou... Putain... s'était-il dit en se débarrassant de son tablier vert. Il récupéra son manteau et son sac à dos dans le casier qu'il avait emprunté et s'immobilisa soudain. Et si... Alec se précipita dans la salle. Il oublia de saluer ses collègues et sortit sous la pluie battante, cherchant sur le trottoir l'inconnu... qui n'avait rien d'un inconnu. La bouche d'Alec s'ouvrit sous la surprise. Les mots lui manquaient. La silhouette était toujours là. Et elle le fixait elle aussi, droit dans les yeux.


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Lasher
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mar 28 Juin 2016 - 0:46


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Quand le passé resurgit

L’aube n’était pas encore levée lorsque Lasher émergea d’un sommeil profond où de nombreuses fantaisies s’étaient constituées sous la forme de rêves. Maudissant le temps de ne pas avancer à son goût, le garçon s’entêta dans sa quête visant à retrouver le sommeil. Après s’être enroulé dans ses draps, avoir changé de position un nombre incroyable de fois et tenter de vider son esprit, il fut obligé de déclarer forfait à son plus grand désarroi. Une longue douche lui fut nécessaire pour sortir du brouillard matinal auquel il était confronté quotidiennement. La sensation de l’eau coulant sur lui semblait réveiller chaque parcelle de son corps pour le préparer à affronter une nouvelle journée. Chassant des vagues d’images n’ayant ni queue ni tête qui avaient occupées son subconscient lorsqu’il avait été endormi, le fils Colt tenait ses paupières étroitement fermées sous le jet d’eau chaude. Comme chaque jour depuis son arrivée à San Francisco, il ne faisait aucun doute que de nouvelles surprises l’attendaient. Vêtu, il se dirigea vers le placard renfermant son petit-déjeuner traditionnel avant de réaliser qu’il avait omis d’aller faire des emplettes la veille. Ayant été victime d’un contretemps, ce détail lui était totalement sorti de la tête et il se retrouvait donc sans provision. Grinçant après cette matinée déjà pénible, le blond enfila sa veste puis pris la direction du café le plus proche de chez lui.

Arthur se fit un chemin dans la foule qui inondait déjà les rues de la ville. Celle-ci était essentiellement composée d’individus se rendant sur leur lieu de travail, et de quelques fêtards qui n’avaient toujours pas retrouvés leur habitation après une nuit de décadence. Un ivrogne l’accosta d’ailleurs, mais il n’y prêta pas la moindre attention. Son état le dégoûtait tout autant que son haleine putride qui lui fit froncer le nez. Un tel laisser-aller était des plus méprisables selon lui. Malheureusement, l’hybride n’était pas au bout de ses peines puisqu’une pluie fine mais abondante commença à tomber du ciel. Elle se densifia peu à peu tandis qu’il avait quitté son domicile depuis seulement une poignée de minutes. Il n’était plus qu’à quelques pas de son point d’arrivée lorsqu’il aperçut sa façade étincelante de par la lumière qui inondait la pièce, tranchant avec l’obscurité nuageuse de l’extérieur. Le lieu semblait déjà abriter une clientèle importante qui ne cessait d’augmenter dû au chaos naturel qui régnait autour de lui. Alors que Lasher n’avait pas plus de cinq mètres à parcourir pour arriver au niveau de l’entrée, son regard se posa sur un possible serveur. Stupéfait et tenaillé par le doute, il s’arrêta net pour le décrire. Ce dernier ne pouvait en croire ses yeux. D’ailleurs, l’observé releva la tête pour le fixer à son tour comme s’il avait senti son insistance. La réaction de celui-ci ne se fit pas attendre puisqu’il partit se réfugier au fond de la salle à une vitesse inimitable.


Le fils Colt ne pouvait pas bouger. Son corps ne répondait pas au moindre ordre de sa part. Il était tout simplement paralysé tandis que des trombes d’eau le trempaient de la tête aux pieds. Ses yeux étaient toujours posés sur l’endroit où la silhouette s’était tenue, comme s’ils pouvaient toujours l’admirer. Des passants manquaient de le bousculer, grognant quant à son immobilité qui les gênait. Mais peu lui importait. Tout ce qui se trouvait autour de lui semblait s’être arrêté, que ce soit le brouhaha des pas et des discussions ou bien même le son de la pluie se répercutant sur chaque surface. Seul le tambourinement de son cœur affolé lui montaient aux oreilles. Durant tout ce temps, « Arthur » aurait dû réaliser ce que cette résurrection signifiait, l’ampleur qu’elle possédait. Pourtant, rien ne semblait pouvoir le sortir de sa torpeur, jusqu’à ce que des paroles refirent surface : « Certes, les morts ne reviennent pas à la vie à moins qu’on les aide… Mais certains vivants sont durs à tuer mon jeune ami… ». Ces quelques mots avaient été prononcés par la Prophétesse elle-même peu de jours auparavant tandis qu’il s’était retrouvé en Enfer. Se pouvait-il que tout ce en quoi il croyait se révélait être un piètre mensonge? Que sa nouvelle existence se basait sur des certitudes finalement injustifiées ?

Le garçon n’eut pas le temps de réfléchir davantage car l’employé se tint soudainement devant lui, sans même qu’il ne l’ait remarqué quitter le café. Tous deux se faisaient face avec une mine hébétée. Quelle était la réaction à adopter ? Lasher semblait être tel un nouveau-né ayant tout à apprendre. Sa confusion ne cessait de s’amplifier tandis que la réalité s’imposait brutalement à lui. Sans même l’avoir commandé, ce dernier fit un pas en arrière. Était-ce une ruse mise en place par un quelconque être démoniaque souhaitant le mettre à l’épreuve ? Non. Tout cela ne ressemblait en rien à une mise en scène. Son regard était plongé dans celui qui s’était révélé être son meilleur ami, et peut-être même davantage. Pourtant, il n’y avait actuellement rien de chaleureux dans son comportement. Ses yeux se plissèrent alors que ses lèvres commençaient à trembler de rage et que ses poings se serrèrent. Retenant un hurlement, « Arthur » se rapprocha d’Alec tout en tremblant. Ce n’était en aucun cas un effet de la pluie qui lui glaçait les os, mais bien de ses sentiments qu’il ne parvenait à décrypter. Souhaitait-il le frapper ? Le serrer contre lui ? L’embrasser ? Lorsque peu de centimètres les séparèrent, il stoppa sa progression tout en examinant profondément les yeux du revenant qu’il avait si souvent vu briller de joie par le passé. Son visage fut alors saisi de tics nerveux que l’intégralité de sa volonté ne parvenait à contrôler. L’hybride ouvrit la bouche pour tenter de parler, mais aucun son n’en sorti. Toutes les résolutions qu’il avait prises en sombrant dans le Mal étaient mises à l’épreuve. Fronçant les sourcils, il tendit sa main très lentement vers la joue du brun comme pour vérifier que ses doigts ne la traverseraient pas. Non. Il s’agissait bien d’un être en chair et en os c’était désormais une complète certitude. D’une voix étranglée, « Arthur » lâcha péniblement :

Larry ?

Avait-il réellement besoin d’une preuve supplémentaire ? Probablement que non, mais il ne put rien dire d’autre tandis que ses yeux clairs s’humidifiaient.


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Alec Harrington
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mar 28 Juin 2016 - 2:08

Le corps d'Alec tremblait sous la pluie. Ses nerfs étaient sur le point de lâcher. Il pouvait voir Arthur se tenir debout devant lui, trempé par la pluie, mais il ne pouvait en croire ses yeux. Il avait d'abord cru à des hallucinations, mais le grand blond était bel et bien là, à le fixer. Tout ce qu'il pouvait voir, c'était la profondeur de ses yeux. Même à cette distance ! Il les avait scruter maintes fois auparavant, mais aujourd'hui, il ne savait quoi y lire. Alec lui-même ne savait pas quoi penser, quoi dire, ou quoi faire. Il demeurait là, figé dans la surprise. La plus belle jusqu'ici ! La pluie qui tombait autour d'eux donnait à cette scène une atmosphère de rêve. S'il n'avait pas eu peur de se réveiller, Alec se serait sûrement pincé. À présent, tout ce qu'il voulait faire, c'était contempler le visage de son meilleur ami. Si c'était bien lui... Il aurait voulu lui parler, mais sa bouche restait entrouverte. L'incompréhension devait pouvoir se lire sur le visage d'Alec. Celui d'Arthur restait incroyablement impassible. C'était bien la première fois. Et cela ne lui facilitait pas la tâche pour savoir s'il s'agissait bel et bien de lui ou d'une énième fantaisie manifestée par son inconscient en deuil. Car le grand brun essayait encore de s'habituer à son absence. Oh! bien sûr, Arthur n'était pas parti de son propre chef. À son plus grand regret, c'était lui qui avait dû fuir sans laisser la moindre trace. Que se passait-il dans la tête de son meilleur ami, là, tout de suite ? Le détestait-il ? Se demandait-il la même chose ? À sa place, Alec aurait sans doute perdu connaissance. Mais encore une fois, pour lui, la surprise était au moins aussi intense, et il restait debout, sans savoir quoi dire. Le grand blond avait fait un pas en arrière. Il doit me détester ! Comment aurait-il réagi à sa place ? Si Alec avait découvert que son meilleur ami était mort, il aurait été dévasté. Il l'aurait sûrement pleuré pendant des mois. Des années durant son souvenir l'aurait hanté et probablement empêché d'avancer. Mais s'il avait dû ensuite découvrir que tout cela n'était qu'une vaste supercherie, Alec serait sûrement devenu fou. Car c'était un acte incroyablement égoïste que de disparaître du jour au lendemain, sans laisser la moindre trace. Une véritable torture ! Alec avait conscience de tout cela. Et la maigre consolation qu'il avait de se dire qu'il n'avait pas choisi n'était rien à côté de la culpabilité qui le rongeait de l'intérieur. Pendant des mois entiers il avait eu envie de le contacter. Il aurait gravi monts et montagnes pour pouvoir lui dire bonjour, ou tout simplement lui dire la vérité. Il l'avait tant voulu ! Mais la vérité était dangereuse. Arthur serait devenue une cible à son tour. Si les démons responsables de la mort de ses parents étaient un jour venus à apprendre qu'Alec était encore vivant, son meilleur ami aurait été mis en danger : le parfait appât.

Des centaines de questions venaient s'entrechoquer dans la tête du grand brun. Que faisait-il à San Francisco ? L'avait-il retrouvé ? Ou bien était-il venu par pur hasard ? Et qu'est-ce que tout cela signifiait ? Ce ne fut que lorsque Alec se retrouva au moins aussi mouillé que son meilleur ami que celui-ci s'approcha. Le grand brun se surprit à avoir envie de se dérober. Il avait peur du jugement d'Arthur. Il s'était accroché aux sentiments qu'il avait pour lui durant toutes ces semaines. Quels qu'ils soient. S'il venait maintenant à lui dire qu'il le haïssait, Alec sombrerait. Il n'était pas prêt à l'entendre de sa bouche. Le savoir possible lui faisait suffisamment de mal comme cela. Il ferma la bouche en voyant la main d'Arthur s'élever à la hauteur de son propre visage. Doucement, celle-ci s'approcha de sa joue. Il paraissait hésitant. C'est alors qu'Alec comprit qu'ils pensaient la même chose : est-ce que tout cela était bien réel ? Lorsque la main de son meilleur ami lui effleura la joue avant de s'y poser, Alec frémit à nouveau. Elle était froide, et pourtant si chaude ! C'est toi ! Les larmes lui montaient déjà aux yeux, mais elles étaient camouflées par la pluie qui tombait sur leurs deux visages. « Larry ? » Ce mot lui fit l'effet d'un électrochoc. Seul Arthur connaissait son second prénom. Seul Arthur l'utilisait. Il porta sa main sur celle d'Arthur, elle-même posée sur sa joue. C'était bien lui. Il n'en croyait toujours pas ses yeux.

Il avait prononcé ce simple mot, et pendant une seconde, c'était comme si rien n'était jamais arrivé. Ils se tenaient debout à New York City, dans leur appartement. Ses parents viendraient les chercher pour fêter avec Arthur l'obtention du diplôme de leur fils. Ils riraient de bon cœur en buvant à sa santé, en buvant à leur amitié.

« Blondy ? C'est bien toi ? »

Ils restèrent immobiles à se regarder quelques secondes supplémentaires. Elles lui semblèrent durer des heures mais pour une fois, Alec ne s'en plaignait pas. Quand la porte d'entrée du café claqua derrière un client, ils furent rappeler à la dure réalité. Ils étaient à San Francisco, et une minute encore de cela, ils pensaient tous deux ne jamais plus se revoir.

« Suis-moi... »

Lui souffla-t-il avant de resserrer sa poigne sur la main d'Arthur et de l'entraîner sur le trottoir d'en face. Ils marchèrent d'un pas pressé jusqu'à un petit bar. Ils devaient trouver un abris s'ils ne voulaient pas mourir de froid, et son appartement était à vingt minutes de bus de là.

« On sera mieux là... pour discuter... », expliqua-t-il d'une voix timide.

Il les emmena jusqu'à une table et consentit enfin à lui rendre sa main. Il réalisa aussitôt que c'était à contrecœur. Alec demeura silencieux une minute ou deux, fuyant le regard inquisiteur de son meilleur ami. Il savait qu'un choix s'offrait à lui : celui de mentir ou celui de lui dire la vérité.

« Comment est-ce... comment tu m'as retrouvé ? »

Demanda-t-il pour s'acheter un peu de temps. Le silence s'installa de nouveau. Alec n'aurait su dire s'il était gênant ou au contraire, s'il était rassurant. Arthur était là. Il aurait voulu croire que tout irait bien à présent, mais il savait que les choses étaient uniquement sur le point de se compliquer.

« Tu m'as manqué... »

Alec ne tentait pas seulement de se dédouaner. C'était vrai : pour ce que cela valait, sa tête blonde lui avait horriblement manqué.


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Lasher
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mar 28 Juin 2016 - 12:23

La situation lui paraissait irréelle. Peu de temps auparavant, Lasher pensait que son meilleur ami était mort et enterré depuis plusieurs mois. Et pourtant, ce dernier se tenait là, debout face à lui. Tout cela n’avait aucun sens. Depuis sa disparition, le garçon s’était surpris plusieurs fois à fantasmer sur leurs retrouvailles qui n’adviendraient jamais, le cajolant tandis que des larmes inonderaient son visage. Il ne pouvait donc s’expliquer son immobilité et sa confusion qui constituaient un véritable étau l’empêchant de réagir. A croire que la vérité n’a strictement rien à voir avec les rêves. Rien ne se déroule jamais comme prévu. Ces quelques termes reflétaient extrêmement bien leur relation, que ce soit quant à ce moment précis ou même concernant la dernière fois qu’ils s’étaient vus alors qu’Alec venait d’obtenir son diplôme. L’hybride avait toujours fait son possible pour ne plus se replonger dans cette fameuse poignée de secondes qu’il n’était parvenu à interpréter, à savoir lorsqu’il avait embrassé l’étudiant. Pourquoi se serait-il torturé avec cela lorsque que ce dernier l’avait quitté dans tous les sens possibles et imaginables ? Cependant, le voir ici, devant ses yeux, remettait tout en question. Un nombre excessif de réponses devrait être donné à une liste d’interrogations sans fin, à commencer par : pourquoi n’avoir jamais repris contact avec lui s’il avait bel et bien survécu ? C’était incompréhensible. N’étaient-ils pas les meilleurs amis au monde ? S’était-il joué de lui ? N’avait-il été que le dindon de la farce ? Une colère grandissante grondait en son for intérieur alors que ces pensées lui traversaient l’esprit. Une partie de lui-même tentait de le résonner éperdument, lui criant que cela n’était même pas envisageable. Tous les deux se fréquentaient depuis une quinzaine d’années ! Alec n’aurait jamais pu commettre une traitrise de cette envergure ! Non, il devait y avoir un fait qu’il le dépassait complètement dans cette affaire. C’était la seule possibilité.

« Arthur » posa délicatement sa main sur la joue du fantôme de son passé pour vérifier qu’il ne s’évaporerait pas sous son contact. Le résultat fut sans appel : il était aussi vivant que la foule qui les entourait. Sa réapparition n’avait donc rien d’un mirage, et n’était donc pas une simple image évacuée de ses songes. Dans un murmure pénible, il lâcha le second prénom d’Alec qu’il était le seul à connaître car fortement détesté par son propriétaire. Au fil du temps, l’emploi de celui-ci était devenu un véritable jeu pour le garçon qui prenait un malin plaisir à le tourmenter d’une manière dont lui seul avait le secret. Rien de bien méchant évidemment. Il soupçonnait même son ami d’apprécier cette utilisation taquine qui représentait à elle seule la complicité qui s’était instaurée entre eux dès les premiers jours. Lorsqu’une main rejoint la sienne, son corps fut parcouru d’un frisson indescriptible. Lasher n’avait jamais pensé retrouver un jour ce contact aussi tendre de la part de l’homme qui se tenait devant lui. Entendant à son tour le surnom qui lui avait été attribué, le blond eut toutes les peines du monde à réprimer un glapissement ponctué de larmes qui se seraient noyées dans l’eau trempant son visage. Le garçon eut envie de l’étreindre plus fortement que jamais mais il n’en fit rien. Il était immobile, telle une statue affichant la plus grande incompréhension mêlée de tristesse et de joie. « Arthur » put à peine hocher la tête pour répondre à la question qui lui était posée. Sa vue était désormais brouillée. Tout ce qu’il parvenait à visualiser n’était que formes grossières et indistinctes. Il manqua de sursauter lorsqu’une porte près d’eux claqua violemment, le faisant sortir de sa léthargie. Jamais la vie ne lui avait paru aussi compliquée.

Soudain, l’hybride sentit sa main fermement saisie par celle de son interlocuteur qui le guida dans les rues dévastées par la pluie qui tombait à seau. Ils se retrouvèrent alors dans un bar qui lui était totalement inconnu, mais qui paraissait plus calme et intime que le lieu où Alec était employé. Ici, il n’était pas compliqué de se réfugier dans un coin sombre pour dissimuler leur mine affligée des yeux de tous. Debout sur le seuil pendant un instant, cela suffit à créer une véritable pataugeoire à ses pieds tandis que celui qui se tenait à ses côtés lui annonça qu’ils seraient plus à l’aise en ce lieu pour échanger. En soi, il n’avait pas tort. Lasher, lui, était toujours incapable d’aligner deux mots. Sonné par la résurrection soudaine de l’étudiant, il ne parvenait à mettre des mots sur ses sentiments contradictoires. Tel un zombie, il se laissa diriger vers une table à un angle de la pièce et retira sa veste noyée lorsque la liberté de ses mouvements lui fut rendue. De manière ralentie, le fils Colt vint s’asseoir sur un des sièges tout en évitant désormais de croiser le regard d’Alec. Le sien était baissé, perdu dans le vague alors qu’il cherchait à remettre de l’ordre dans le chaos qui régnait en lui. Se sentant perdre pied, des brins indistincts de conversation lui montaient aux tympans, lui donnant un filet auquel se raccrocher. Finalement, il ne fut pas celui qui brisa le silence qui s’était installé entre les deux protagonistes bien que la question qui lui fut posée accentua sa perplexité. Plusieurs instants lui furent nécessaires pour retrouver l’usage de la parole. Les yeux toujours éloignés de ceux du brun, il répondit d’une voix à la fois rauque et tranchante.

Je n’ai jamais essayé. Tu es mort aux dernières nouvelles tu te souviens ?

« Arthur » n’avait tout simplement pas pu s’empêcher de répondre de cette manière. Il était toujours abasourdi du peu de compassion que lui avait accordé son interlocuteur, l’abandonnant lâchement dans sa tristesse et son désarroi. En l’espace d’un instant, son monde s’était écroulé. Le décès de son meilleur ami et de sa famille était l’élément parfait pour mettre un terme au bonheur qu’il ressentait alors. Son paternel l’avait parfaitement compris et avait fait preuve d’une intelligence incomparable. A y réfléchir, n’avait-il été qu’un pantin entre les mains de tous ? Mais le coup final fut porté par Alec qui lui confia qu’il lui avait manqué. Son regard étincelant retrouva celui de ce dernier tandis que son corps se crispait.

Tu n’as aucun droit de me dire ça. Tu es parti, me laissant croire que jamais je ne te reverrai. Pendant des mois j’ai…

Sa voix se brisa alors que les larmes lui remontèrent aux yeux une énième fois. Une boule de chagrin se forma dans sa gorge, l’empêchant de poursuivre son accusation. Après quelques secondes, Lasher secoua la tête tout en soupirant :

Je ne peux pas. C’est impossible.

Le jeune homme tapa du plat de sa main sur la surface de la table avant de se lever pour quitter le bar et celui qui avait joué un rôle tellement important, mais aussi dévastateur, dans sa vie.

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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mer 29 Juin 2016 - 1:14

Assis de l'autre côté de la table, Alec tentait de fuir la dure réalité. S'il avait osé regarder son meilleur ami, le jeune homme l'aurait découvert tout aussi abattu par la surprise qui les avait réunis aujourd'hui. Bien que celle-ci était empreinte à beaucoup de joie et d'amour, elle remettait aussi en question bien trop de choses pour qu'il en soit autrement. Le grand brun en avait conscience : sa disparition avait dû lui faire terriblement mal. Elle l'avait détruit, lui aussi. Pas un jour n'était passé sans qu'il ne songe à l'appeler, sans qu'il ne pense à Arthur. Son meilleur ami. Son rock. La personne en qui il avait le plus confiance. Mais on lui avait imposé le choix de trahir cette confiance. Alors bien sûr, Alec ne pouvait savoir ce qu'avait endurer Arthur durant ces cinq longs mois. Mais il pouvait aisément l'imaginer. L'étudiant avait dû vivre avec la terrible réalité qui le séparerait de son meilleur ami à jamais. Il ignorait ce qui avait été dit à San Francisco pour cacher sa fuite. Avait-on fait croire à la police qu'il avait été kidnappé dans sa chambre d'hôpital ? Et ce malgré la présence d'une garde affectée devant sa porte ? Si Arthur était bel et bien parti à sa recherche, cette hypothèse était la plus plausible. Il avait été impossible pour lui d'entrer en contact avec sa grand-mère. La police surveillait ses moindres faits et gestes et elle ne pouvait pas courir le risque de dévoiler la supercherie aux mortels. Comment aurait-elle pu expliquer à de simples humains que leur famille sortait de l'ordinaire, et que c'était pour cette même raison que les parents d'Alec avaient été assassinés ? Pire encore... Comment Alec allait-il pouvoir aborder le sujet avec son meilleur ami. Un rapide coup d'œil lui confirma qu'Arthur était en droit de savoir. Après tout ce qu'il avait dû vivre, il le méritait. Ce n'était d'ailleurs pas l'envie qui lui manquait. Alec aurait voulu lui dire à toute vitesse qu'il était un sorcier, qu'il n'avait jamais voulu le quitter, et ensuite lui sauter au coup. Pouvaient-ils oublier ? Pouvaient-ils aller de l'avant ? Même en partageant cette vérité ? Une vérité qui était bien plus complexe qu'Alec le soupçonnait. Peut-être... Peut-être pas... « Je n’ai jamais essayé. Tu es mort aux dernières nouvelles tu te souviens ? » Ce furent tout autant de petits couteaux qui vinrent lui transpercer le cœur. Ainsi donc, on le pensait mort et enterré. Arthur le pensait mort et enterré ! Le souffle court, Alec planta son regard sur le visage de son meilleur ami tourné vers l'extérieur. Il le connaissait mieux que personne et sa voix ne pouvait mentir. Il y avait entendu la douleur, maigre échantillon, sans doute, de ce qu'il avait pu ressentir. Le grand brun expira finalement l'air de ses poumons qui réclamait à être libéré. Arthur était là, malgré tout. Et tout ce qu'il pouvait faire, c'était lui demander pardon. Mais il avait bien trop peur de ne pas se le voir accordé. Alors, après un silence, Alec lui avait avoué qu'il lui avait manqué. Il était injuste de sa part d'espérer qu'il puisse lire à travers ces quelques mots toute son histoire. Et, quand le regard incendiaire d'Arthur affronta le sien, le jeune homme s'avoua vaincu en baissant le regard. Il avait raison, Alec le savait et sa lèvre se mit à trembler. Il la fit cesser en serrant un peu plus la mâchoire. On ne pouvait imaginer plus grande douleur pour lui que de voir Arthur souffrir ainsi !

« Je suis désolé... tellement désolé... »

Alec déposa sa main sur la table qui les séparait. Pendant une fraction de seconde, il l'avait destinée à saisir celle d'Arthur. Le jeune homme aurait tant voulu pouvoir chasser ses souvenirs douloureux d'un geste de la main... Il aurait tant voulu le délivrer... Mais très vite, il avait réalisé que son geste était déplacé. Le grand blond n'était pas prêt. Qui aurait pu le blâmer ? « Je ne peux pas. C’est impossible. » Quoi ? Comment ça ? Avec effroi, Alec regarda son meilleur ami se lever et quitter l'établissement. En silence, il lui fallut quelques secondes pour retrouver ses esprits devant la violence de la scène. Le jeune homme se redressa toutefois bien vite sur ses jambes pour lui courir après. Je ne le perdrai pas encore une fois ! Il s'arrêta sur le trottoir pour regarder autour de lui et le localiser. Arthur n'était pas très loin, mais marchait d'un pas décidé. Alec se remit à courir pour le rattraper. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, le grand brun réalisa rapidement qu'il devrait lui barrer le chemin s'il voulait lui parler. Ce qu'il fit, les mains en avant pour l'implorer de l'écouter. La pluie tombait toujours et venait tremper encore davantage leurs vêtements qui n'avaient même pas eu le temps de sécher.

« Laisse-moi t'expliquer ! Je t'en supplie Arthur ! Laisse-moi t'expliquer et après je te laisserai tranquille si c'est que tu veux ! »

Il ne pouvait pas le laisser s'enfuir. Si cette fois ils ne se revoyaient plus jamais, Alec n'aurait pas supporté que ceux-ci furent été leurs derniers mots. Le grand brun tourna la tête pour regarder les passants. De toute évidence, ils attiraient l'attention.

« S'il te plaît Arthur... Je te jure que c'est pas ce que tu crois. Est-ce qu'on peut aller dans un endroit un plus privé ? »

Son regard était suppliant mais pour Arthur, Alec n'en avait que faire de sa dignité. Sa lèvre s'était remise à trembler en même temps que tout son corps. Le froid le transperçait de toute part. Il avait peur.


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Lasher
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mer 29 Juin 2016 - 21:17

« Arthur » ne pouvait tout simplement pas supporter autant d’émotions contradictoires qui l’assaillaient sans répit. Il lui était impossible de faire le vide dans sa tête et d’encaisser le poids de cette révélation. De plus, il n’était plus la même personne qu’Alec avait connue durant plus d’une décennie. Non. Aujourd’hui, bien que son tableau de chaste n’arborait encore qu’un innocent d’assassiné, il était un meurtrier. Et il le resterait jusqu’à la fin de ses jours. Sa lutte contre l’obscurité qui l’habitait s’était achevé le jour où son meilleur ami avait été déclaré mort. Alors, le blond s’était laissé tomber dans un gouffre de ténèbres sans fin. Aucune sortie de secours ne pouvait lui permettre de s’en sortir. Il fallait se rendre à l’évidence : c’était trop tard. Qu’avait-il à lui offrir désormais si ce n’est de la noirceur ? Commençant à suffoquer, Lasher avait donc décidé de prendre ses jambes à son cou. Enfilant à nouveau sa veste dégoulinante, il s’engouffra à l’extérieur du bar où la pluie ne cessait de régner en maître. Sa morsure glaciale lui paraissait insignifiante comparée à la souffrance qu’il ressentait à l’intérieur. Le garçon fit de longues enjambées dans le but de mettre le plus de distance entre lui et l’étudiant, mais c’était peine perdue. Il fut rapidement rattrapé à son plus grand désarroi. Lâchant un soupir las, il se retint de le bousculer pour avoir la liberté de poursuivre son chemin. Mais il n’en fit rien. Il lui était inconcevable d’attaquer physiquement son interlocuteur malgré le tort qu’il lui avait causé en simulant sa propre disparition. Et ce n’était en aucun cas une qualité s’il voulait devenir un hybride respecté, bien au contraire. Cependant, ce point était le dernier de ses soucis présentement.

Le fils Colt dévisagea Alec qui, les mains devant lui, faisait tout son possible pour le convaincre de lui accorder une chance. S’il savait la vérité sur ces derniers mois, le souhaiterait-il toujours autant ? Rien n’était moins probable ! Ce petit spectacle de rue semblait passionner certains individus qui les regardaient d’un air intrigué. Que pouvaient-ils bien penser en assistant à cette altercation ? Qu’il s’agissait d’une dispute de couple ? Qu’il avait appris que le brun lui avait été infidèle ? Si c’était le cas, il était plus qu’évident qu’il ne connaissait pas l’employé du café du coin. Il ne ferait jamais de mal à une mouche. Du moins, c’était de cette manière qu’il l’avait perçu jusqu’ici. Sûrement devait-il raviser son jugement à la prochaine occasion. Désormais, « Arthur » ne pouvait le percevoir autrement qu’en traître de la pire espèce. Profondément blessé d’avoir été pris pour un moins que rien malgré leur relation si particulière, il lui était impossible de ressentir ses sentiments habituels le concernant.

Les supplications d’Alec ne cessaient de lui percer les tympans à tel point qu’il manqua de plaquer ses mains contre ses oreilles pour en boucher l’entrée. Plusieurs secondes passèrent avant qu’il ne puisse reprendre la parole d’un ton froid, ignorant les murmures qui fusaient autour d’eux.

Suis-moi. Mais je ne te promets pas de pouvoir te pardonner.

Sa vie avait pris un tournant tellement dramatique dû au prétendu décès du second protagoniste que s’imaginer faire la paix avec lui lui semblait encore hors de portée. Tout de même, Lasher prendrait le temps d’écouter ses justifications. Il se devait au moins de savoir si elles en valaient le coup ou non. Et puis, il ne lui fallait pas oublier qui était à la source de l’assassinat des parents de l’étudiant. Lui refuser tout échange serait aussi reculer face à ses propres responsabilités, ou tout du moins ceux de son paternel. Le blond se mit alors en marche, zigzagant entre les silhouettes floues qui passaient à-ras de lui. Dans cinq minutes environ, les deux hommes seraient chez lui et la vérité se devrait d’éclater d’une manière ou d’une autre. Durant le trajet, ils n’échangèrent aucune parole. Enfin, « Arthur » ouvrit sa porte d’entrée et laissa le revenant y pénétrer avant de refermer derrière eux. Ayant toujours été aisé, l’hybride n’avait pas regardé à la dépense pour acheter son appartement qui faisait plus de 70m² et était décoré sobrement mais avec goût. L’endroit se révélait assez chaleureux grâce à des objets personnels traînant ici et là. Si Alec y regardait de plus près, sans doute en reconnaitrait-il certains qui avaient trônés dans leur habitation commune. Quelques photographies étaient disséminées dans la pièce, tandis qu’on les trouvait ensemble, accompagnés ou non, sur la bonne majorité. On pouvait les voir entre-autre à une fête d’anniversaire, perdus dans la forêt et même à Disneyland. Lasher avait longtemps hésité à les sortir des cartons, craignant que cela le fasse souffrir encore davantage. Mais, une fois de plus, cela aurait représenté une faiblesse qu’il ne pouvait se permettre. Le blond devait combattre ses propres démons pour en ressortir grandit. Ce dernier n’adressa pas la parole à son ancien colocataire, mais lui fit signe d’attendre un instant. Il revint quelques instants après avec une serviette sèche. Le garçon en avait profité pour s’essuyer et se changer. Il arborait désormais un simple t-shirt blanc avec un jogging, soit les premières affaires qui lui étaient venues sous la main. Lui tendant le linge propre, il lança :

Au cas où l’eau te ferait fondre et te permettrait de te défiler.


Petite référence à la Sorcière de l’Ouest qui n’était en aucun cas un indice camouflé. Il aurait pu lui proposer des fringues, mais les deux « amis » ne faisaient pas la même taille. Alec avait toujours fait une poignée de centimètres de plus que lui. L’hybride partit s’asseoir dans un des fauteuils, laissant à son interlocuteur le choix du canapé s’il désirait. Dans d’autres circonstances, ce dernier serait sûrement venu s’asseoir sur le bras de son fauteuil, ou carrément sur lui pour le faire rigoler. Aujourd’hui, les chances lui paraissaient bien minces qu’un tel rapprochement soit possible. Remarquez, « Arthur » devait s’attendre à tout venant de son ancien colocataire. C’était la seule chose dont il avait la plus entière certitude. Le regardant finir d’essorer ses vêtements, il reprit la parole.

Alors ? Qu’est-ce que tu as à me raconter qui pourrait justifier toute cette mise en scène ?

Il était dingue de voir à quel point il lui en voulait mais qu’une part de lui désirait le serrer dans ses bras pour rattraper le temps perdu. Plus que pardonner à Alec, il devait aussi se pardonner lui-même de s’être laissé agripper par les griffes du Mal. Et ça ne serait pas une mince affaire. D’ailleurs, le souhaitait-il vraiment ?

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Alec Harrington
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Jeu 30 Juin 2016 - 20:43

Le Arthur qu'il connaissait pouvait être froid. Mais par le passé, cette animosité lui avait rarement été destinée. La subir de la sorte donnait l'envie à Alec de se rouler en boule sous sa couette et de n'en sortir que lorsque son meilleur ami se serait enfin décidé à lui pardonner. Mais, conscient qu'il avait sa part de culpabilité dans cette histoire, le grand brun ne broncha pas. Il s'efforça de le ralentir, puis de le stopper, pour finalement l'implorer de l'écouter, de lui donner une chance. Alec se donnait rarement en spectacle dans la rue. Il détestait ça. Mais cette fois, il n'avait que faire des regards insistants des passants ! Le silence qui s'en suivit fut le plus long de toute sa vie. Il rivalisait avec celui qui avait précédé l'annonce de la mort de ses parents par sa grand-mère. La pluie tombait drue et venait s'écraser sur son visage implorant. S'il te plaît ! S'il te plaît ! Alec pouvait sentir sa jambe trembler nerveusement. Il s'imaginait déjà se voir répondre non. Jamais ne l'avait-il vu aussi en colère ! Il ne lui en aurait pas voulu. La nouvelle devait être bien difficile à avaler ! Cette réaction le fit frémir : comment allait-il pouvoir, en plus de cette résurrection, supporter l'annonce qu'il s'apprêtait à lui faire ? Il se rappelait la sienne lorsque sa grand-mère lui avait appris que la magie existait. Alec l'avait cru folle à lier. Lorsque leur être de lumière était apparu dans la chambre, baigné d'une magnifique lumière bleutée, le jeune homme avait d'abord cru que la morphine faisait un peu trop effet. Il n'était pas sûr de supporter lui-même un tel regard. Celui qu'Arthur lui donnait était déjà des plus éprouvants. Il le dévisageait comme s'il avait affaire à un parfait inconnu qui venait l'importuner dans la rue. Un vulgaire distributeur de tracts. Un sans abri qui lui réclamait quelques centimes avec trop d'insistance. C'est pourquoi il poussa un soupir de soulagement quand Arthur lui répondit sèchement de le suivre. « Suis-moi. Mais je ne te promets pas de pouvoir te pardonner. » Des milliards de fois il avait envisagé cette réponse lorsqu'il pensait encore ne jamais plus le revoir. Il l'avait imaginé lui cracher au visage qu'il ne lui pardonnerait jamais. Que ce qu'il avait fait était impardonnable et qu'il était un monstre de la nature. Jusqu'alors, il avait pu se secouer en se disant que tout cela n'arriverait jamais, puisqu'il n'aurait jamais la chance de lui demander pardon. Mais maintenant que son cauchemar était sur le point de se produire, Alec ne savait quoi faire pour apaiser son esprit tourmenté. Il observa Arthur le dépasser pour continuer son chemin sur le trottoir. Alec le suivit rapidement en pressant le pas pour ne pas se laisser distancé. Dis quelque chose !, se reprochait-il. Mais quoi ? Que dire dans un tel moment ? Ce silence lui laissait du temps pour réfléchir à comment il allait aborder les choses. Dans quel angle pouvait-il amener la réalité pour qu'il ne l'insulte pas d'erreur de la nature ? Alec parvenait tout juste à ignorer la douleur de son point de côté quand Arthur se stoppa subitement devant une porte d'entrée. Le grand brun leva les yeux et balaya la bâtisse du regard. Des appartements... Pourquoi s'arrêtait-il ici ? La réponse semblait pourtant évidente. Mais présentement, Alec arrivait tout juste à additionner un et un sans se tromper. Ce ne fut que lorsqu'il vit Arthur sortir une clef de sa poche qu'elle le frappa. C'était chez lui. Il vit ici depuis combien de temps ? Le grand brun se rassura comme il put en se disant que ça devait être récent. La porte se referma derrière lui tandis qu'il découvrait l'intérieur de l'appartement. Il était décoré avec goût et ponctué de deux ou trois objets personnels. Alec les aurait reconnus entre mille. Et pour cause, encore six mois auparavant, l'étudiant avait pour habitude de les voir au quotidien. Sans un mot, Arthur lui fit signe de ne pas bouger. Il quitta la pièce sans lui adresser la parole. L'étudiant en lettres retira sa veste dégoulinante et la déposa avec son sac à dos dans l'entrée. Et comme son meilleur ami n'avait pas l'air de revenir, il s'aventura seul dans le salon. L'appartement était grand. Mais cela ne le surprenait pas... Arthur n'avait jamais manqué d'argent et avait toujours pu compter sur la fortune familiale. C'était d'ailleurs ce qu'il pensait être un grand conflit entre lui et son père. Le jeune homme refusait de faire des études et ne pensait qu'à moitié à reprendre l'affaire familiale. Alors qu'il s'avançait vers une commode, son regard se fixa sur une photo qu'il connaissait bien.

Ce jour-là, Arthur avait embarqué Alec dans un de ses voyages mystères. Ce dernier était gentiment assis dans la voiture qui les menait à l'aéroport et ne parvenait pas à lui faire cracher le morceau. « Dis-moi où on va ! » Lui répéta-t-il pour la centième fois. Il avait pris un air sévère qui ne lui allait pas tant il était faux. « Non ! », répondit Arthur excédé. « Tes plans foireux je les connais, hein ? » Alec n'était pas d'humeur à faire les quatre cents coups. « C'est une surprise ! », lui rappela le grand blond. « Bah justement ! » , s'était exclamé Alec, un peu boudeur. Il décida alors de réserver à son meilleur ami le silence comme punition. Il savait que cela le faisait toujours craquer. « Très bien ! Tu me saoules, t'as gagné ! On va à Disneyland pour ton anniversaire, content ? », s'était-il écrié au bout de vingt minutes de trajet passées sans qu'Alec ne daigne lui répondre. Il était véritablement furieux. Mais les deux yeux grand ouverts et perplexes de « Larry » avait rapidement calmé ses excès. « C'est vrai ? », Alec avait-il demandé, tout content.

Sa propre voix résonnait en lui comme un écho. Arthur avait interrompu ses rêveries en lui tendant une serviette. « Au cas où l’eau te ferait fondre et te permettrait de te défiler. » Cette fois, c'était lui qu'on punissait avec le silence. Encore un peu perdu dans ses pensées, le sorcier n'avait pas relevé le double-sens de la phrase de son ami. Peut-être l'aurait-elle aidé à calmer le tremblement de sa main qu'il remarqua lorsqu'il avait porté la serviette à son visage pour en éponger la pluie. Quand le linge ne couvrit plus ses yeux, Alec remarqua qu'Arthur était parti s'asseoir sur son fauteuil. Timidement, le grand brun le rejoignit en s'essuyant les bras et le torse. Peine perdu, il resterait humide. Une fois assis dans le canapé qui lui faisait face, Alec se rendit compte qu'il ne savait toujours pas par où commencer. « Alors ? Qu’est-ce que tu as à me raconter qui pourrait justifier toute cette mise en scène ? », le pressa-t-il. Par où commencer ? Lui dire qu'il était désolé, qu'il n'avait pas eu le choix ? Qu'il avait, en quelque sorte, était placé sous protection des témoins ? Mais avec une approche un peu plus ésotérique du programme ? Qu'il n'avait jamais voulu lui faire de mal ou le quitter ? Qu'il ne savait pas qu'il était officiellement mort ? Qu'on l'avait transporté par magie jusqu'à San Francisco ? Que ses parents avaient été tués par des démons ? Que sa grand-mère était...

« Je suis un sorcier. »

Simple, net, concis. Les mots lui avaient échappé sans qu'il ne le veuille et cela se voyait à son faciès. C'était comme si cette affirmation l'avait surpris, lui aussi. Alec laissa le silence s'installer. Plus que jamais, il avait peur de la réaction d'Arthur. Mais il ne pouvait plus lui échapper !


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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Ven 1 Juil 2016 - 1:14

Lasher ne souhaitait plus qu’une chose : savoir la vérité. Et vite. Il s’agissait de la seule manière qui lui permettrait de mettre des explications sur cette résurrection invraisemblable. Alors qu’il croyait avoir tiré un trait définitif sur son passé, voilà que celui-ci le rattrapait au galop. Une fois assis confortablement dans son fauteuil, il empressa son meilleur ami qu’il ne quittait plus des yeux à lui faire ses déclarations. Ce dernier vint alors se poser face à lui, instaurant une distance presque anormale entre eux. D’ordinaire, les garçons se montraient relativement tactiles, même s’ils faisaient passer cela pour des âneries ou comme des excuses pour taquiner l’autre. Aujourd’hui, aucune justification n’était nécessaire. Plus aucun contact physique ne s’était manifesté depuis leur arrivée dans le bar une quinzaine de minutes auparavant. Une partie du blond devait avouer que son cœur était brisé face à tant d’amertume et de rancœur. Malheureusement, ces sentiments déplaisants étaient inévitables et ne disparaîtraient peut-être jamais. Leur amitié était-elle ternie pour le restant de leurs jours ? Parviendraient-ils à surmonter cette épreuve ? Difficile à dire vu les chemins opposés qu’ils avaient pris sans même en avoir encore conscience.

Alec semblait en proie à de forts doutes quant à la manière d’amener les choses. Était-ce si terrible que cela ? Le jeune était satisfait de constater que ce dernier était conscient de l’ampleur des dégâts causée au lien qui les unissaient autrefois. Après tout, il jouait un rôle clé dans cette dégradation. Tout comme lui, à la différence que son intervention était indirecte. « Arthur » n’avait eu aucun moyen de deviner les plans de son paternel avant que ceux-ci ne soient mis à exécution. Une fois que la confession de l’étudiant aurait été faite, le fils Colt devait-il lui faire part de toutes les informations qu’il avait en sa possession ? Incapable de répondre à cette question, il décida que cela se jouerait à l’improvisation une fois qu’il aurait toutes les cartes en main concernant son interlocuteur. Le silence dans la pièce était complet. Pas un seul bruit ne venait troubler la réflexion du brun. L’allié des Nightstar commençait à perdre patience lorsque le second protagoniste se jeta à l’eau de la manière la plus brutale qui soi. L’annonce fit un tel choc à Lasher qu’il se redressa sur son siège, la bouche semi-ouverte, tandis qu’il avalait la nouvelle avec difficulté. Comment était-ce possible ? Durant les quinze années qu’ils avaient passés ensemble, ce dernier pensait avoir tout appris de son ancien colocataire. Il lui avait toujours paru si… parfait ! Son père était-il au courant ? Était-ce qui l’avait davantage motivé à exterminer la famille du brun ? Peu importe. Du moins, pour le moment. Lors de leur vie commune, il n’avait jamais rien soupçonné ni même remarqué le moindre détail qui laissait paraître l’existence de surnaturel chez Alec. A y réfléchir, cela marchait dans les deux sens. Scotché, ses yeux se perdirent dans le vague alors qu’il cherchait la manière appropriée pour répondre à un tel aveu. De quelle manière son meilleur ami allait-il interpréter sa réaction ? Quelqu’un ne croyant pas à la sorcellerie aurait éclaté de rire, supposant que ce n’était qu’une farce. Cependant, connaissant le serveur, celui-ci ne raconterait jamais des salades durant un moment aussi important.

Cherchant à gagner du temps, « Arthur » se leva et commença à faire les cents pas dans la pièce tandis qu’il réalisait l’aspect faussé qui avait depuis toujours conduit leur amitié. Chacun d’eux possédait un lourd secret et ne l’avait pas partagé. Mais pour quelle raison ? La lumière se fit enfin dans son esprit. Les sourcils froncés, Il se retourna lentement vers son interlocuteur avant de demander :

C’est pour ça que tu es parti ? Tu pensais me mettre en danger ?

La situation était tellement absurde ! Bon sang ! Un rire s’échappa de sa gorge. Pas un de ces rires sain et clair, mais un mêlant ironie et chagrin. Deux ressentis pourtant presque opposés mais réunis dans une même et unique mélodie sonore.

Tu t’es trompé sur toute la ligne Alec. De tous les individus qui peuplent la Terre, je suis le seul à être totalement à l’abri !


Devant la mine stupéfaite de l’étudiant, Lasher poussa un long soupir. Il était évident que sa réaction n’était pas du tout celle présupposée par le revenant qui ne devait plus rien comprendre à ce qui se déroulait. Une simple phrase avait suffi pour que le blond parvienne à résoudre l’énigme se cachant derrière la disparition d’Alec. Mais, dans le sens inverse, beaucoup plus de temps serait nécessaire. Par où Diable commencer ? Il ne faut pas se méprendre, le jeune homme ressentait toujours une colère envers celui qui était toujours assis. Aussi courte son explication avait-elle été, elle suffisait à lui faire réviser son jugement même si davantage de détails seraient nécessaires pour éclaircir totalement l’affaire. Cependant, c’était désormais « Larry » qui exigeait des réponses de par son regard posé sur lui.

Pendant qu’on y est, je n’ai pas non plus été sincère avec toi. Je ne suis pas qu’un simple humain. Je suis…


Gêné, « Arthur » se passa la main dans ses cheveux. La Prophétesse lui aurait probablement demandé pourquoi il perdait son temps avec un sorcier au lieu de l’exterminer sur le champ. Peut-être n’aurait-elle pas tort. Pour ce que ça vaut, cela n’était tout simplement pas envisageable. Sa haine semblait fondre comme un glaçon au soleil tandis qu’il se retrouvait en position de faiblesse. Tout le ressentiment qui l’avait habité depuis le retour miracle de son ami était injustifié, du moins en grande partie. Lui-même avait envisagé de s’éloigner pour protéger Alec. Mais il ne l’avait jamais fait. Pourquoi ? Par lâcheté ? Par égoïsme ? Tout de même, la réaction du serveur était-elle totalement pardonnable ? Une fois de plus, rien n’avait de sens. L’unique certitude était que son orgueil devait être mis de côté pour les instants qui allaient suivre. Posant ses mains sur ses hanches, il fixa le sol comme s’il pouvait s’y dissimuler jusqu’à la fin de cette entrevue infernale. Finalement, l’hybride vint s’asseoir auprès de celui qui avait été son colocataire. Ses yeux vinrent s’embuer d’un réel chagrin tandis que leurs regards se croisèrent. D’une voix tremblante et émue, il reprit la parole.

Toute ma vie j’ai lutté contre cette… Vague de noirceur qui m’a toujours habité. Mais quand tu es mort j’ai… Renoncé.

Le fils Colt manqua de s’étrangler sur le dernier terme alors que des larmes longuement retenues se dessinèrent sur ses joues. Il ne faisait aucun doute qu’Alec finirait bien vite par comprendre où il voulait en venir. Voyant que ce dernier allait répliquer, il lui fit un geste de la main pour le stopper net. Il ne pouvait plus le regarder en face.

Avant que tu essayes de te la jouer super-héros en m’exterminant… Il y a autre chose que tu dois savoir. A propos de tes parents. Je sais pourquoi ils ont été tués.

Sa langue était déliée. Il marqua une pause pour laisser le temps à son interlocuteur de digérer toutes ces nouvelles, et aussi car il ne pouvait imaginer ce que provoquerait ce qui suivrait. Le tiendrait-il pour coupable ? Peut-être l’était-il finalement… S’il avait réagi différemment par le passé…

C’était mon… père. Je l’ai surpris en train d’en parler. Il a remarqué à quel point tu comptes pour moi et l’influence bénéfique que tu incarnes. Je n’aurai jamais dû te laisser t’approcher de moi… Tout est de ma faute. Je suis sincèrement désolé…


Ne tenant plus en place, et pour cacher les larmes qui abondaient désormais sur son visage, « Arthur » se releva et fit quelques pas tout en tournant le dos à Alec. Qu’il le tue s’il le souhaitait. Il lui en offrait l’occasion parfaite.

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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Ven 1 Juil 2016 - 15:03

Alec se rappelait chaque moment passé avec Arthur. Ils étaient inséparables. Si l'un était quelque part, il y avait de grandes chances pour que l'autre suive très rapidement. Mais quand on les voyait aujourd'hui, on savait qu'une chose abominable avait dû se produire. Une distance inhabituelle les séparait. Et bien qu'Alec était assis à une poignée de mètres à peine de son ex-meilleur ami, c'était déjà trop. Son premier réflexe aurait été de le rejoindre sur le fauteuil, de venir s'étaler de tout son long sur Arthur pour le faire râler. Son méfait accompli, il aurait ensuite choisi de prendre place sur l'accoudoir du fauteuil pour continuer à chahuter. Mais il n'avait pu s'y résoudre, trop honteux, trop effrayé. Leur relation n'était plus ce qu'elle était, qu'ils le veuillent ou non. Quand il lui arrivait d'y penser, Alec réalisait qu'il y avait bien longtemps que leur amitié avait changé. Mais ils n'avaient jamais eu l'occasion de découvrir ce que cela signifiait vraiment : Alec avait disparu du jour au lendemain et Arthur n'avait pas eu d'autre choix que de faire son deuil. Leur baiser planait toujours au dessus d'eux, provocateur de questions. Mais certaines affaires étaient plus pressentes que d'autres.

« Je suis un sorcier. » Alec peinait toujours à croire que c'était sa voix qu'il avait entendu. Les mots lui avaient échappé et maintenant, il était condamné à observer la réaction d'Arthur. Et pour cela, il devait cesser de le fuir du regard ! Péniblement, Alec releva la tête et s'efforça d'ouvrir les yeux. Il découvrit Arthur redressé sur son fauteuil, les yeux grand ouverts. Était-il sur le point de se moquer ? D'éclater de rire ou encore de s'énerver, pensant qu'il le prenait pour un abruti ? Le grand brun ne savait que penser si ce n'était que le silence qui était retombé dans la pièce était des plus lourds. Le beau blond semblait lui-même être en train d'avaler la nouvelle et ne devait pas savoir comment réagir. Dis quelque chose... Dis quelque chose, je t'en prie !, le suppliait-il sans interrompre le silence. La vérité avait éclaté au grand jour mais Arthur se murait dans le mutisme. Quand celui-ci se leva pour faire les cents pas, Alec se passa les mains sur le visage pour venir ensuite les poser sur ses joues de sorte à couvrir et sa bouche, et son nez. Conscient qu'il devait laisser du temps à son ex-meilleur ami pour digérer l'information, il s'efforçait de ne pas sur-réagir. Tu pensais vraiment que ça allait suffire ? Le jeune homme voulait toutefois éclairer la lanterne du beau blond en précisant qu'il ne l'avait su que quelques heures avant de fuir San Francisco. Il abaissait les mains quand Arthur s'exclama : « C’est pour ça que tu es parti ? Tu pensais me mettre en danger ? ». Quoi ? Ce fut au tour d'Alec de se redresser sur le canapé. Même dans ses rêves les plus fous n'aurait-il pu imaginer qu'Arthur comprendrait aussi vite. Quelque chose clochait, il le sentait au plus profond de ses entrailles ! Il sait ? En quelques secondes, Alec avait tourné et retourné sa réaction dans sa tête pour toujours en tirer la même conclusion : il devait savoir que la magie existait. Mais comment ? C'était ce qu'il voulait lui demander quand Arthur se mit à rire. Il ne connaissait pas cette facette du grand blond et cela lui fit un peu peur. Qu'est-ce qu'il ne lui disait pas ? Ce n'était pas ce genre de rire auquel il s'était attendu ! « Tu t’es trompé sur toute la ligne Alec. » De toute évidence. Jamais n'aurait-il pu prévoir cette réaction ! Que voulait-il dire ? Arthur était celui supposé être confus, pas l'inverse ! Devant sa mine perdue, le grand blond soupira. Comment pouvait-il avoir compris toute l'histoire en apprenant qu'il était sorcier ? Pourquoi n'était pas choqué ? Comment pouvait-il être « le seul à être totalement à l'abri » ? Cela n'avait aucun sens ! Depuis combien de temps connaissait-il l'existence de la magie ? Sa grand-mère lui avait-elle parlé de sa mort directement ? Avait-elle menti à moitié en disant qu'il était mort de causes magiques ? Que ne savait-il pas ? Le regard perdu dans le vague, Alec vint se masser le front de sa main droite. Il réalisa bien vite que la seule personne qui pouvait éclairer sa lanterne se tenait debout dans la même pièce que lui. Son regard se fixa de nouveau sur Arthur. Il n'avait pas besoin de parler pour se faire comprendre, il y avait bien longtemps que ces deux-là avait dépassé le stade de la parole comme unique moyen de communication. « Pendant qu’on y est, je n’ai pas non plus été sincère avec toi. Je ne suis pas qu’un simple humain. Je suis… » Tu es quoi ? Ses yeux se plissèrent. Il était blessé, à son tour. Depuis combien de temps lui cachait-il sa nature ? Et de quoi parlait-on exactement ? Comment ça « pas un simple humain » ? S'il n'avait pas été foudroyé par la surprise, Alec aurait sûrement ri jaune, lui aussi. Arthur avait baissé les yeux mais Alec les gardait braqués sur lui, comme deux projecteurs. Pourtant, quand le grand blond s'approcha, sa colère naissante disparut bien vite lorsqu'il aperçut ses yeux tremblant de larmes. Celui qui n'était pas « un simple humain » prit place à ses côtés mais Alec résista à l'urgence de le prendre dans ses bras. L'urgence se fit plus forte encore quand il entendit sa voix trembler.

Assommé par la nouvelle, Alec baissa les yeux sur le tee-shirt de son meilleur ami. De son discours, trois éléments étaient restés profondément ancrés en lui : « toute ma vie », « noirceur »,et « renoncé »[/color]. Les mots commençaient seulement à avoir du sens. Le regard plein d'incompréhension et d'amertume d'Alec remonta de sur son torse à son visage. Arthur pleurait. Mais il lui avait menti, lui aussi. Pendant des années ! Oubliant sa propre trahison, Alec sentit la colère le submerger. C'était à son tour de ressentir les doutes qu'avait eus Arthur un peu plus tôt en découvrant que son meilleur ami n'était pas mort ! C'était un sorcier... Ou un démon... Il l'avait toujours su ! Comment avait-il pu être aussi stupide ? Alec n'avait rien vu venir. Pour lui, Arthur avait toujours eu un sale caractère, mais il le pensait profondément bon ! Le grand blond n'avait jamais rien fait pour lui prouver le contraire. « Il y a autre chose que tu dois savoir. » Parce que ce n'était pas fini ? « À propos de tes parents. Je sais pourquoi ils ont été tués. » Son sang ne fit qu'un tour avant. En l'espace d'une seconde, il avait déjà envisagé les pires scénarios. Mais la vérité était bien plus cruelle encore  !

Figé dans l'effroi, Alec sentait les larmes venir inonder ses joues tandis que sa vue se troublait. Il était incapable de bouger. La nausée montait et il crut un instant qu'il allait vomir. Non !, voulait-il hurler. Mais sa voix restait coincé dans sa gorge. Il n'aurait jamais pensé un seul instant que l'une des plus belles choses qu'il possédait alors au monde, son amitié avec Arthur, était responsable de l'assassinat de ses parents. « Tout est de ma faute. Je suis sincèrement désolé… » Alec prit une longue inspiration mais l'air fut coupé par des sanglots qu'il réprimait. Il n'avait jamais apprécié « le dragon ». Le père d'Arthur était compliqué et ne semblait pas vouloir entendre son fils. Cette révélation avait détruit le monde tel qu'il le connaissait.

Il ne supportait plus d'être assis. Alec essuya ses larmes en sentant la rage monter en lui. Ses parents étaient morts par sa faute. Ils étaient morts de leur faute ! Devant cette injustice, le jeune homme attrapa un cadre qui traînait par là et le jeta violemment aux pieds d'Arthur qui lui tournait le dos.

« Regarde-moi ! REGARDE-MOI ! »

Sa voix tremblait de rage. Plus rien n'avait de sens. C'était comme si la vie elle-même avait perdu toute saveur, toute beauté aux yeux d'Alec.

« Alors quoi ? T'es un putain de démon c'est ça ? J'arrive pas à croire que j'ai pu culpabiliser pendant cinq mois de ne pas avoir pu t'avouer la vérité quand je l'ai apprise ! J'arrive pas à croire de m'être fait avoir ! T'as jamais été mon ami, pas vrai ? C'était qu'un jeu ! Pas vrai ? »

Sa voix s'effritait tandis que le chagrin se mêlait à la colère. Ses yeux brillaient d'une couleur dorée. Il était partagé entre l'envie de broyer quelque chose ou de le tuer lui !

« Bravo ! Devine quoi ? Pour moi c'était pas qu'un putain de jeu ! T'étais la seule personne en qui j'avais confiance ! Mes parents sont morts Arthur ! Si c'est bien ton nom ! », lui cracha-t-il au visage en s'approchant de lui. « Ils sont morts ! Tu m'entends ? », lui cria-t-il avec un regard noir qui ne lui ressemblait pas.

Alec fit volte-face, attrapa son sac à dos et son manteau et voulut sortir de l'appartement. Il s'immobilisa toutefois devant la porte d'entrée encore fermée. Son poing s'abattit sur le panneau de bois avec un craquement alarmant.

« Putain ! »

Les larmes inondaient ses joues, mais pas à cause de la douleur. Il se retourna et se laissa glisser sur la porte avant d'enfouir sa tête dans ses bras. Sa main était ensanglantée.


¤¤¤



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Lasher
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Ven 1 Juil 2016 - 16:55

Lasher sursauta lorsqu’un bruit sec résonna dans l’appartement et que des morceaux de verre manquèrent de se planter dans ses pieds. S’il était parvenu à garder un minimum son sang-froid depuis le début de leurs retrouvailles, ce n’était clairement pas le cas de son interlocuteur. Mais comment pouvait-il l’en blâmer ? Il ignorait qu’elle aurait été sa réaction face à un tel déferlement de révélations plus incroyables et répugnantes les unes que les autres. Leur amitié était, plus que jamais, de l’histoire ancienne. Les hostilités étaient déclarées même si elles n’étaient pas encore réciproques. Leurs rôles venaient de s’inverser puisque le blond était désormais la victime du courroux d’Alec. Peu lui importait les débris sur le sol. Eux-mêmes semblaient constituer une métaphore de mauvais goût quant à leur relation. Lorsque la voix de l’étudiant retentit  d’un volume qu’il ne lui avait jamais connu, il fit donc volte-face pour réaliser ce qu’on lui demandait. « Arthur » ne prit même pas la peine d‘essuyer son visage ravagé par les pleurs. La rage qu’il pouvait lire dans le regard du second protagoniste le mettait mal à l’aise et lui faisait perdre le reste de ses moyens. Aurait-il mieux faire de jouer les innocents plus longtemps ? De prétendre ne pas connaître le surnaturel et ses multiples créatures cachées dans l’ombre ? Non. Sur le long terme, cela n’aurait fait que d’aggraver la situation. De plus, son ancien meilleur ami méritait de savoir la vérité concernant ceux qui l’avaient mis au monde maintenant qu’il était de retour de parmi les morts.

Posant à nouveaux ses mains sur ses hanches pour ne pas avoir les bras ballants, le fils Colt tentait de ne pas détourner ses yeux de ceux d’Alec. C’était l’épreuve la plus difficile à laquelle il avait été confronté de toute sa vie, devant encaisser des paroles affreuses à son égard. Mais il les avait cherché, depuis le jour-même où il avait laissé une amitié se tisser entre eux. Ce qui lui fit l’effet d’un poignard dans le cœur ne fut pas d’être insulté de « putain de démon » mais bien que sa sincérité quant à leur relation soit remise en question. Pourtant, il ne fit pas le moindre mouvement ni ne chercha à le contredire. L’étudiant devait vider son sac et ce, sans interruption. Peut-être se sentirait-il mieux ensuite, ce qui ne serait clairement pas le cas de l’hybride qui se sentait peu à peu tomber vers le fond du précipice. Aurait-ce été une injustice que le brun n’apprenne jamais tout ce qui lui avait été dissimulé durant son existence s’il avait été réellement mort ? Ou aurait-ce mieux valu qu’il le fut ? Que de pensées macabres dans un moment aussi terrible. Sa mâchoire tremblait de chagrin face à sa propre impuissance devant la souffrance qu’il recevait par vague à chaque instant. Rien de ce qu’il pourrait dire à cet instant ne viendrait réconforter son ex-colocataire de la façon qu’il méritait. Probablement que chacun de ses mots seraient perçus comme des mensonges proférés en toute désinvolture. Lasher hocha maladroitement la tête pour signifier qu’il avait parfaitement conscience de la gravité des actes de son père, qu’il avait lui-même entraîné de manière involontaire. Perdu dans son mutisme, il ne bougea pas non plus le petit doigt lorsque son interlocuteur prit la direction de la sortie. La vision du regard noir dont il avait été victime ne cessait de le hanter, semblant lui bloquer la vue du réel. Jamais ô grand jamais il n’en avait reçu un de cette nature émit par Alec. Sa main droite vint se poser sur son front tandis qu’il se maudissait pour son incompétence et pour sa perte totale de contrôle quant à ce qui était en train de se dérouler dans son propre appartement.

Soudain, un craquement sinistre le sortit de sa catatonie. L’instant suivant, « Arthur » vit son ex-meilleur ami blessé et appuyé contre la porte d’entrée. Son visage était camouflé par ses bras mais il n’était pas difficile d’imaginer ce qui s’y passait. L’hybride ne pouvait pas rester planté là ! Il lui fallait agir ! Si tout était définitivement perdu entre eux, alors Alec aurait achevé sa fuite sans même se retourner. Restait-il encore un espoir, aussi mince soit-il, de recoller quelques morceaux de leur histoire anéantie ? Après un instant d’hésitation, il se dirigea vers la silhouette recroquevillée tout en prenant une poignée de feuilles d’essuie-tout pour éponger le sang qui coulait abondamment de la plaie. En attendant que le serveur accepte son aide, il ne pouvait faire mieux. Lasher se posa alors près du second protagoniste, non sans une certaine méfiance, et entreprit d’essuyer le fluide rouge sans un mot. Lorsque le résultat lui parut à peu près correct, il déposa le papier souillé sur le sol. Voir Alec dans une position aussi bancale lui retournait l’estomac, en particulier en ayant conscience qu’il en était la cause. Abattu, il décida tout de même de réduire la distance qui les séparait. C’était probablement de mauvais goût, et il y avait fortes chances pour que le brun le saisisse à la gorge, mais ça valait le coup d’essayer. Ce n’était en aucun cas une parade pour s’attirer de la pitié ou quoique ce soit, mais bien la preuve de la sincérité de ses sentiments. Aussi flous étaient-ils depuis une éternité. Désormais au courant de la nature de son ancien colocataire, le fils Colt était en parfaite mesure d’imaginer à quel point ces derniers mois avaient dû aussi être éprouvants pour le sorcier. Sûrement avait-il culpabilisé plus que n’importe qui d’avoir abandonné son ancienne vie et son meilleur ami de façon aussi subite. Tirer un trait sur ses habitudes n’était jamais aisé, encore moins dans sa situation. Même dans le désespoir leurs destinés suivaient un chemin similaire. La fameuse journée de la remise des diplômes avait été celle qui les avait peu à peu conduits en Enfer. Littéralement pour lui.

Appuyant son torse contre le profil d’Alec, « Arthur » posa délicatement sa main sur l’épaule opposée de celui-ci dans un geste rassurant et chaleureux. Tous les deux avaient vécu les pires des horreurs, et ce fait était encore loin d’être derrière eux c’était une certitude. D’une voix qu’il tentait en vain de maitriser, il reprit enfin la parole.

Pour ce que ça vaut, si je n’ai pas été sincère concernant mon identité, je ne t’ai jamais menti pour le reste. Je te le jure.

Mais que pouvait bien représenter la parole d’un démon, ou plutôt hybride dans son cas, pour son interlocuteur ? Autant se la jouer franc jeu désormais, que ses paroles soient acceptées ou non comme étant la vérité.

Je sais que c’est bien la dernière chose qui t’intéresse en ce moment mais je pense que la vérité doit éclater maintenant plus que jamais. Je ne suis pas un démon. Pas complètement. Je suis ce qu’on appelle un hybride. Ce qui explique les sentiments que j’ai pour… toi.

Qu’il a ? Qu’il avait ? Tout était chaotique dans son esprit. Sentant les larmes remonter à la surface, le propriétaire des lieux fit remonter le visage d’Alec vers lui pour être sûr d’être bien entendu. Le chagrin de ce dernier était plus douloureux que tout, mais tel était son châtiment. Le voir se manifester sous ses yeux. Sentant ses émotions l’envahir, il s’éclaircit la gorge avant de poursuivre.

Je vengerai tes parents. Je te le jure. Quand j’ai appris que mon père était responsable, j’ai bien failli le tuer. Mais ça n’aurait pas été suffisant pour compenser le mal qu’il t’a fait. Et pour avoir brisé nos vies. Rien ne sera suffisant d’ailleurs…

Tentant de lire ses pensées par son regard, il n’en fut que plus confus.

Tu dois te tenir à l’écart de tout ça. Je sais que c’est affreux de dire ça mais il le faut. Je ne veux pas que tu te laisses dominer par la haine et que tu deviennes comme moi. Tu es trop bon pour ça. Tu l’as toujours été.

Pour ponctuer ces derniers mots, « Arthur » lui adressa un léger sourire tremblant de par les pleurs qu’il se forçait à contenir. Si seulement tout pouvait redevenir comme avant… Alors, il pourrait l’enlacer soit la moindre crainte comme ils le faisaient auparavant de la manière la plus naturelle qui soit.

¤¤¤

I'm not the slave of my past
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and swim far, so you shall come back with new self-respect, with new power,
and with an advanced experience that shall explain and overlook the old.

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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Lun 4 Juil 2016 - 20:28

La tête cachée derrière ses bras qui tremblaient, Alec voulait faire taire les voix qui se répétaient dans sa tête. Plus que jamais, il réalisait que ses parents étaient partis pour de bon. Il était apparemment normal de se sentir coupable quand on était le seul survivant à une attaque. Mais son cas était différent. Alec était réellement coupable ! S'il n'avait pas fréquenté Arthur, rien de tout cela ne serait arrivé. Bien sûr, c'était avoir une vision biaisée de la réalité. Connor et Laura Harrington seraient morts, un jour ou l'autre. Ils n'avaient peut-être aucun pouvoir magique, mais leur réputation les précédait toujours et en faisait des cibles moindres. Il ne savait pas comment digérer la nouvelle. Son monde avait déjà été secoué de toutes parts quand ses parents avaient perdu la vie. Mais cette fois ci, il n'était pas sûr de pouvoir se relever un jour. Alec aurait préféré mourir avec ses parents et ne jamais leur être aussi brutalement arraché ! C'était injuste ! Il ne pourrait jamais leur demander pardon. La vision de leur corps encore fumant l'obsédait. Heureusement pour lui, Alec était très vite tombé dans les pommes. Ou du moins, c'était ce qu'il croyait. Lorsque ses parents étaient partis, la malédiction avait été levée et la magie qui dormait en lui s'était éveillée. Andrew lui avait dit un jour qu'il y avait une raison à toute chose dans ce monde. Le destin devait avoir des plans insoupçonnés pour le jeune homme. Mais en cet instant, le grand brun ne pouvait se résigner à l'évidence. Il la détestait. Il la haïssait, même ! De quel droit avait-on détruit sa vie de la sorte ? Comment avaient-ils pu ? Alec n'avait jamais encore eu envie de tuer qui que ce soit. Mais cet instinct s'éveillait brutalement en lui maintenant qu'il connaissait les coupables. Le père d'Arthur. Sa main s'était abattue sur la porte et saignait. Les gouttes de sang menaçaient de s'abattre sur le plancher, mais Alec ne pouvait plus bouger. Il était mort aussi, de l'intérieur. Ô bien sûr, ce sentiment allait peut-être disparaître et Alec s'apaiserait ainsi. Mais en cet instant, la rage fourmillait en lui et gagnait chaque cellule dont son corps était constitué. Il était dévasté, purement et simplement. Incapable de réfléchir, de remettre de l'ordre dans sa tête qui lui faisait atrocement mal, il restait assis là. Impossible de partir. Impossible de rester. La solitude lui pesait effroyablement sur les épaules. Pourtant, Lasher s'était assis près de lui. Avec douceur, il venait maintenant lui essuyer ses plaies. Alec se laissa faire, incapable de bouger. Ironiquement, tandis qu'il était au paroxysme de la colère, ses forces l'avaient abandonné. Il était d'autant plus perdu que son contact ne le dégoûtait pas seulement ! Il ne pouvait s'en empêcher, la présence d'Arthur le rassurait également. Il était difficile pour lui d'abandonner l'image qu'il s'était forgée de son meilleur ami pendant toutes ces années. Alec aurait pourtant voulu le détester ! Il voulait oublier tout le bien qu'il lui avait fait et se concentrer sur le mal ! Malheureusement pour lui, l'esprit humain était aussi mystérieux que complexe.

Alec fut pris d'un sanglot lorsque le torse de Lasher s'appuya sur lui et que sa main se refermait sur son épaule. Ne me touche pas !, ou encore Dégage !, voulait-il crier sans y parvenir. Mais aussi Reste !, Prends-moi dans tes bras !. Sa tête lui faisait mal et il commençait seulement à ressentir la douleur de sa main. Les larmes coulaient sur ses joues et il ne semblait trouver la moindre raison de les stopper. Il entendit Arthur lui assurer qu'il ne lui avait jamais menti sur quoi que ce soit d'autre. Mais n'était-ce pas amplement suffisant ? Comment voulait-il que cela ne remette pas en question toute leur histoire ? Leur amitié n'était peut-être qu'un vaste mensonge, une mauvaise plaisanterie qui aurait duré trop longtemps ! Les paroles d'Arthur le hantaient et lui rappelaient que c'était précisément à cause de cette relation que son père avait décidé d'anéantir la famille Harrington. Alec voulait le croire. Mais comment faire ? « Je sais que c’est bien la dernière chose qui t’intéresse en ce moment mais je pense que la vérité doit éclater maintenant plus que jamais. » Sa respiration se coupa douloureusement. Que pouvait-il bien avoir de plus à lui avouer ? Avait-il tuer Peggy son cochon d'inde en première année de collège ? Non. J'en peux plus ! Arrête ! Je t'en supplie ! Tais-toi !, il était incapable de le supplier à haute voix. « Je ne suis pas un démon. Pas complètement. Je suis ce qu’on appelle un hybride. » Quelle différence ça fait ? Arthur était donc prêt à tout pour essayer de s'amender ! Tout ce qui sortait de sa bouche ne devait être que mensonge ! « Ce qui explique les sentiments que j’ai pour… toi. » De quoi parlait-il au juste ? T'as pas le droit ! T'AS PAS LE DROIT ! Il souillait les derniers souvenirs qu'avait Alec de son meilleur ami ! Il détruisait à grands renforts de mensonges le baiser plein de promesses silencieuses qu'ils avaient échangé. En traînant ses souvenirs dans la boue de sa trahison tout juste révélée, Arthur avait sans doute voulu jouer cartes sur table. Pour repartir sur de bonnes bases. Mais quel avenir pouvait bien les attendre ? Ses parents ne lui aurait sûrement jamais pardonné ne serait-ce que d'avoir envisagé l'idée d'accepter ses excuses ! Les sanglots le reprirent, plus forts que jamais. Ils faisaient trembler son corps en silence.

« Je vengerai tes parents. Je te le jure. » Sa respiration se coupa de nouveau. Il avait besoin d'en avoir le cœur net. Alec releva doucement la tête et le dévisagea. Les larmes coulaient encore sur ses joues humides. Ses yeux étaient gonflés et rouges. La lueur dorée avait disparu. Au contraire, son regard était voilé par les larmes qui y dansaient encore et toujours. « Quand j’ai appris que mon père était responsable, j’ai bien failli le tuer. Mais ça n’aurait pas été suffisant pour compenser le mal qu’il t’a fait. Et pour avoir brisé nos vies. Rien ne sera suffisant d’ailleurs… » Alec baissa les yeux et perdit son regard sur le tee-shirt d'Arthur, absorbé par ses propres pensées.

Il le croyait. Sans savoir pourquoi, Alec le croyait. Peut-être était-ce parce qu'il refusait l'éventualité de s'être trompé sur toute la ligne ? Ou bien c'était la promesse d'offrir à son paternel une punition plus douloureuse encore que la mort qui lui redonnait de l'espoir... Alec était en danger. Et il ne s'en rendait pas compte. En quelques secondes, il était devenu son pire ennemi dans la pièce. « Tu dois te tenir à l’écart de tout ça. Je sais que c’est affreux de dire ça mais il le faut. Je ne veux pas que tu te laisses dominer par la haine et que tu deviennes comme moi. Tu es trop bon pour ça. Tu l’as toujours été. », ajouta-t-il rapidement. C'était comme s'il avait lu dans ses pensées. Quand on y réfléchissait, Arthur avait toujours été capable de lire en lui comme dans un livre ouvert. C'est peut-être un de ses pouvoirs démoniaques !, lui murmurait amèrement une petite voix dans sa tête. Ce fut son sourire qui le fit enfin réagir :

« Peut-être que tu ne me connais pas non plus, finalement. », lui cracha-t-il au visage avant de reporter son attention sur le salon qui leur faisait face.

Il parlait bien sûr du compliment que lui avait fait Arthur : il était trop bon pour cela. Mais à présent, ce compliment retentissait en lui comme une insulte. Il était trop faible pour ça. Il était trop con pour se venger de son père. L’amertume bouillait en lui.

« Tu aurais dû le tuer quand tu en as eu la chance ! »

Les mots d'Arthur tournoyaient en lui, mais il peinait à tout comprendre. « Ce qui explique les sentiments que j’ai pour… toi. »

« Tu sais ? Le pire dans tout ça, c'est que j'ai envie de te croire ! Putain ce que j'aimerais croire que tu m'aimais vraiment ! Comme un ami ! Ou j'en sais rien ! Mais tu m'as privé de ce droit. Je sais plus quoi croire... »

Il tourna la tête vers Arthur. Ou Lasher. Peu importe de qui il s'agissait. Le grand blond devait l'entendre de sa bouche.

« T'étais mon meilleur ami. J'ai jamais... »

Ces mots étaient plus difficiles à prononcer que jamais. Surtout maintenant qu'il ne savait pas s'ils pouvaient avoir le moindre avenir.

« J'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'ai aimé... J'arrive même pas à te regarder plus d'une minute parce que ça n'a pas changé. Pourtant ça a changé ! Je ne sais plus qui tu es. J'aurais jamais cru que tu pourrais faire mal à une mouche ! Et en fait t'es un meurtrier. T'es un démon ? »

Dans l'innocence dans lequel Alec se trouvait par rapport au monde magique, le jeune homme pensait qu'être démon impliquait nécessairement de tuer des innocents à la volée. Il était loin de se douter que sa propre mort, bien que fausse, avait provoqué l'unique tuerie d'Arthur. Il avait fait de lui ce qu'il était devenu...

« Je sais plus... »

Son visage se tordait dans une grimace de douleur et de peine. Et comme s'il recherchait le Arthur qu'il avait un jour connu, Alec posa sa tête lourde sur la poitrine de celui qui avait un jour été son meilleur ami.


¤¤¤



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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mar 5 Juil 2016 - 15:44

Lasher essayait tant bien que mal de remonter le moral de son interlocuteur. Bien qu'à moitié démoniaque, il ne supportait pas de le voir aussi démuni et anéanti quant à la situation. Le garçon n'en restait pas moins celui qui s'était révélé être son meilleur ami pendant une quinzaine d'années, et avec qui il avait passé les meilleurs moments de son existence. Comment pourrait-il donc lui tourner le dos alors qu'ils traversaient ensemble une crise sans nom ? C'était tout simplement impossible. Pas maintenant qu'Alec venait de ressurgir dans sa vie alors même qu'il était censé avoir disparu pour l'éternité, son corps reposant dans un cercueil posé sous terre. Sa présence lui procurait un bien incroyable, comme elle l'avait toujours fait. Si seulement les deux protagonistes ne s'étaient pas dissimulés la vérité l'un à l'autre... Tout aurait été différent. Le brun n'aurait pas pris la fuite lors du décès de ses parents, empêchant donc le second de sombrer. Peut-être même auraient-ils été en sécurité contre l'attaque du paternel. Seulement, avec des « si » on referait le monde, et il n'en était pas question pour le moment. L'unique chemin à suivre était celui d'affronter des décisions qu'ils avaient prises en toute connaissance de cause. Les garçons étaient les seuls responsables de toute cette tragédie. « Arthur » encore davantage, et il en avait totalement conscience. Mais que se serait-il passé s'il avait toujours renoncé à l'amitié que lui avait offert le revenant ? Aurait-il déjà succombé au Mal depuis de nombreuses années ? Ainsi, les conséquences n'en auraient été que plus catastrophiques car le nombre de victimes aurait été bien plus important. C'était ce lien tellement puissant qu'ils partageaient qui lui avait permis de développer un intérêt et de la compassion pour les humains. Sans ce dernier, alors l'hybride les aurait probablement considéré comme de vulgaires insectes et n'aurait jamais eu d'états d'âme à les tuer. Ainsi, il fallait se faire une raison. Rien n'arrivait au hasard. La Prophétesse elle-même serait sûrement d'accord avec cette phrase bateau mais véridique. Pourtant, même arrivé à cette conclusion, Lasher n'était pas certain d'avoir fait les bons choix et ce, depuis toujours.

Il lui fallait se concentrer sur l'instant présent. C'était ce qui comptait le plus à l'heure actuelle. Tandis qu'il venait d’adresser un sourire tremblant à Alec, ce dernier lui répondit froidement qu'il ne le connaissait peut-être pas autant qu'il le pensait. A ces dires, le fils Colt fronça les sourcils. Il ne savait ce que cette déclaration provoquait chez lui tellement tout restait confus dans son esprit. Était-ce du désespoir ? De la gêne ? De la colère ? Aucune idée. Mais ce qui était certain était qu'il n'appréciait guère cette réponse et s'empressa donc de serrer les dents pour s'empêcher de riposter quelque chose qu'il regretterait rapidement. Bien que le second protagoniste dirigeait son visage vers le salon comme pour éviter d'établir un échange de regard, Lasher ne déporta pas ses yeux du profil de son ancien ami. Son chagrin était son châtiment vous vous souvenez ? Ne sachant que répondre, il se tut. Mais il fut rapidement assaillit par de nouvelles prises de paroles. Ainsi, l'étudiant lui reprochait de ne pas avoir exterminé son père lorsqu’il en avait eu l'occasion. Tant de froideur de sa part glaça le sang d' »Arthur » qui resta bouche bée pendant un instant. Le pensait-il sincèrement ou n'était-ce que le contrepoids de la fureur ? Il préféra opter pour cette dernière option, ne voulant pas s'imaginer le pire. Mais ce n'était plus son tour de se livrer, pour le moment il devait se contenter d'être une oreille attentive. Aussi douloureux cela se révélait être.

Le serveur ne le considérait plus que comme un simple meurtrier et menteur. Toute leur relation et sa personnalité se résumaient désormais à ces deux adjectifs. Plus la conversation progressait, plus son cœur semblait se briser devant tant d'intolérance, aussi méritée fut-elle. Oui il était ces choses là ! Mais il était tellement plus ! Ne le prouvait-il pas à cet instant-même en se dévoilant comme un être fragile et doté d'émotions ? Ce n'étaient pas des caractéristiques très prisées en Enfers ! Et pourtant il en faisait preuve. Pourquoi ? Car Alec était l'unique être qui comptait suffisamment pour lui pour briser cette barrière qu'il dressait à chaque fois qu'il était confronté au danger ou même aux siens. Malheureusement, son ancien meilleur ami ne semblait pas percevoir cette nuance pourtant éclatante. Lasher ignorait la manière dont il devait s'y prendre pour lui en faire prendre conscience. D'ailleurs, avait-il à le faire ? Quoiqu'il tenterait, il serait considéré comme un vulgaire manipulateur. Non. Son interlocuteur devait prendre conscience de tout ces faits par lui-même. C'était la meilleure solution. Cependant, l'état de ce dernier ne jouait clairement pas en la faveur de l'hybride. Trop étourdi par cette vague d'émotions qui le tourmentait, réfléchir de manière posée n'était pas envisageable pour le moment. Tout ce que le fils Colt pouvait faire était donc de l'apaiser du mieux qu'il pouvait, de tout faire en son pouvoir pour le calmer et le ramener à la surface de cet abyme de cauchemars.

C'est pour cela que, lorsque le brun appuya sa tête contre son torse, « Arthur » le saisit de ses bras musclés avant de passer une jambe derrière lui. Ces derniers vinrent ensuite s'enrouler autour de lui pour le maintenir avec vivacité, tandis que la partie haute de son corps remuait comme pour imiter un bercement. Posant sa tête sur l'épaule gauche d'Alec, l'hybride reprit enfin la parole dans un murmure.

Calme-toi. Je suis là. On va trouver un moyen de se sortir de cette situation d'accord ? J'ai juste besoin que tu t'accroches.

Le blond avait dit ça d'un ton extrêmement tendre, espérant ainsi émettre suffisamment de chaleur de par ses dires et son étreinte pour apaiser son ami. Celui-ci devait tout de même faire preuve de suffisamment de volonté pour que Lasher puisse lui venir en aide, où même qu'il parvienne à le réaliser par lui-même. Dans cet état, la situation ne pourrait jamais progresser et ils feraient du surplace encore longtemps. De plus, le fils Colt craignait que l'étudiant ne quitte son appartement. Qui sait quelle bêtise il pourrait commettre dans un tel état d'esprit ? Non c'était bien trop dangereux. Et il ne pouvait pas le surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant des semaines ! D'un point de vue pratique c'était impossible, mais surtout Alec ne lui pardonnerait pas de l'avoir espionné de la sorte. C'était une certitude. Mieux valait-il ne pas aggraver la situation déjà pénible.

Ce n'était pas la première fois que les protagonistes s'étaient retrouvés dans une telle position, l'un dans les bras de l'autre. Ayant toujours été très tactiles l'un envers l'autre, il s'agissait de leur méthode miracle pour venir en aide à celui qui sombrait. Cela s'était présenté à diverses occasions telles que des ruptures, des soucis familiaux, des craintes quant à l'avenir... Mais aucune cause n'avait été aussi grave. Peut-être s'agirait-il du premier échec cuisant de cette démarche. En tous les cas, « Arthur » ferma ses paupières pendant un instant, savourant le silence de la pièce et ce contact qui lui avait tant manqué. Un léger sourire étira ses lèvres lorsqu'il sentit l'odeur familière du parfum d'Alec. Lui qui pensait qu'il ne pourrait plus jamais connaître ça quelques heures seulement auparavant ! Et pourtant, le serveur était bien là, avec lui, appuyé contre son buste. Pourquoi ne pouvaient-ils pas retourner dans un temps où tout était plus simple ? Où leur amitié n'avait encore connue aucune entrave ? Au bout d'un long moment, sa voix se fit de nouveau entendre.

J'aimerai pouvoir te rassurer, répondre à toutes tes questions... Mais c'est impossible. Pas parce que je ne le souhaite pas, mais parce que, comme tu l'as dit, tu ne me fais plus confiance. Tout ce qu'il me reste à espérer est que les gestes suffisent et que tu parviendras à différencier le vrai du faux par toi-même.

Il resserra un tantinet son étreinte tandis que son regard était bas, fixant le vide. Que pouvait-il bien dire de plus pour améliorer la situation ? Rien ne lui venait à l'esprit car, comme dit précédemment, cela reposait davantage sur les épaules du brun que sur les siennes.

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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mar 12 Juil 2016 - 19:47

Sa tête appuyée sur le torse d'Arthur, Alec avait fermé les yeux et pleurait dorénavant en silence. Dans sa tête, des milliers de scénarios s'écrivaient. Il imaginait Arthur, quelques années après leur rencontre, lui avouer qu'il n'était pas tout à fait humain. Alec le voyait se confier à lui, comme il aurait sans doute dû le faire. Le jeune homme aurait sans doute cru qu'il lui faisait une mauvaise blague, mais le beau blond aurait sans doute eu vite fait de le convaincre. L'étudiant serait tombé des nues, mais il aurait fini par s'y faire. Alec aurait appris l'existence de la magie avec Arthur, et de ce fait, lorsqu'il aurait découvert sa propre différence, les choses se seraient peut-être déroulées autrement. Ô bien sûr, il était loin de se douter que c'était précisément la mort de ses parents qui avaient réveillé les dons qui sommeillaient en lui. Mais ils se seraient fait confiance. Peut-être même seraient-ils parvenus à découvrir les plans du dragon (c'était ainsi que Blondy appelait régulièrement son père en la présence de son meilleur ami) avant qu'il ne veuille le mettre à exécution ! Ils auraient pu sauver ses parents ! Préserver les apparences ! Trouver une solution...

Bien entendu, Alec se leurrait. Et quand bien même les choses se seraient passées autrement, lui et sa famille auraient sans doute été ciblés par le père d'Arthur. Ils nuisaient à l'entreprise familial, au dessein générationnel ! La réaction du grand brun semblait des plus manichéennes, mais ses actions y ajoutaient de la nuance. Après tout ce qu'il venait de découvrir, Alec était encore incapable de partir. Il s'était posé tout contre lui, tentant par tous les moyens de raviver le souvenir jusque-là tenace d'un Arthur qu'il connaissait par cœur. Il voulait retrouver le grand blond musclé et souriant qui lui répétait tous les jours à quel point il était spécial. Celui-ci ne le faisait jamais de manière évidente, bien sûr ! Non, il préférait le taquiner, laissant à Alec le loisir de lire entre les lignes, lui qui aimait tant le faire ! Il voulait récupérer son meilleur ami, celui vers qui il pouvait courir à chaque fois que son cœur était malmené par un amant ou une petite amie. Il désirait l'homme qui était à ses côtés depuis plus de dix ans ! Alors quand Arthur bougea sa jambe pour pouvoir le prendre dans ses bras, Alec ferma un peu plus fort les yeux. Son parfum lui était familier. Ses bras aussi. Le jeune homme hurlait tout bas de se taire aux voix dans sa tête qui doutaient de lui. Arthur commença doucement à le bercer...


À peine deux ans auparavant, Alec et Arthur s'étaient retrouvés dans l'exacte même position. À ceci près qu'ils étaient assis sur le lit et appuyé sur le mur de la chambre du grand brun. Arthur l'avait retrouvé allongé et silencieux en fin d'après-midi. Lorsqu'il s'était aperçu que son meilleur ami était en fait en train de pleurer, il l'avait pris dans ses bras pour le consoler et lui demander ce qui n'allait pas. Comment pouvait-on être mauvais et agir de la sorte?

« Je croyais qu'il m'aimait ! », avait sangloté Alec, appuyé sur l'épaule d'Arthur, les yeux mouillés rivés sur la fenêtre.
« Il ne te méritait pas ! Il n'était pas à ton image. »
« Tu dis ça parce que t'es mon ami ! », l'avait-il accusé.


Alec conjurait à lui tous les bons souvenirs qu'ils partageaient. Et ils étaient nombreux ! Il réalisait avec douleur que peut-être, ceux-ci n'étaient rien d'autre que mensonges et manipulation. Pourtant, il n'arrivait pas non plus à l'accepter. « Calme-toi. Je suis là. On va trouver un moyen de se sortir de cette situation d'accord ? » Alec voulait le croire, mais pour l'instant, il n'arrivait pas à voir au delà de sa douleur. Elle l'épuisait ! « J'ai juste besoin que tu t'accroches. » Accroche-toi, répéta-t-il en silence. Mais à quoi ? La voix d'Arthur était tendre. Mais celles des sirènes qui attiraient les marins dans les fonds des océans l'étaient tout autant ! Alec ferma plus fort les yeux et se serra un peu plus contre Arthur pour toute réponse. Il s'accrochait. Cela ne se voyait peut-être pas, mais il s'accrochait ! Il était plongé dans le noir et lui tournait le dos, pourtant, il aurait juré qu'Arthur souriait. Il se tut, chassant ses idées noires, une à une. Si c'était la façon dont ils devaient se quitter pour toujours, c'était comme ça qu'il voulait lui dire au revoir. Mais en avait-il seulement envie ? Tout en lui lui criait de le détester, qu'il ne pourrait jamais lui pardonner, à lui ou à son père, que leur amitié était finie. Que ça s'arrête ! Faites que ça s'arrête ! Ils restèrent enlacés quelques minutes dans le silence aussi menaçant qu'apaisant. Puis, la voix d'Arthur retentit de nouveau à quelques centimètres à peine de sa tête : « J'aimerai pouvoir te rassurer, répondre à toutes tes questions... Mais c'est impossible. Pas parce que je ne le souhaite pas, mais parce que, comme tu l'as dit, tu ne me fais plus confiance. Tout ce qu'il me reste à espérer est que les gestes suffisent et que tu parviendras à différencier le vrai du faux par toi-même. » Il avait raison. Alec s'en rendait compte. Le grand brun avait beau y mettre toutes ses forces, il était incapable de prendre une décision. Il ne parvenait pas à savoir si oui ou non il voulait toujours de lui dans sa vie. Il n'arrivait pas à déterminer si Arthur était dangereux. Lorsqu'il sentit l'étreinte du grand blond se resserrer autour de lui, Alec en conclut tout de suite qu'il avait peur de sa décision, qu'il avait peur de le voir s'enfuir. Il le connaissait toujours par cœur... Rien n'avait changé. On a changé. Mais il n'était pas sûr lui-même de vouloir partir. Il n'était pas près. Pour aller où ? Broyer du noir dans sa chambre d'étudiant ? Tout seul ? Sans avoir l'opportunité de lui poser les questions qui le tarauderaient assurément un peu plus tard ?

« Est-ce que je peux m'allonger un peu dans ta chambre ? Je me sens pas très bien... Je crois que je ferais bien de dormir un peu avant de partir. »

Sa demande témoignait de l'indécision dans laquelle il se trouvait. Il avait dit ne pas vouloir partir sur le champ, mais lui avait laissé savoir qu'il allait partir. Alec repoussait simplement l'inévitable, conscient que la façon dont il partirait marquerait un point final à leur relation telle qu'ils l'avaient connue jusqu'à aujourd'hui.

Allongé sur les draps d'Arthur, le jeune homme était tourné vers le centre du lit. Ses yeux étaient clos et il était enfin tombé dans un léger sommeil après une vingtaine de minutes à avoir souhaité que tout s'arrête. Le jeune homme était encore à moitié conscient des choses qui se passaient autour de lui, mais sentait son corps se relaxer petit à petit, lui permettant enfin de mettre un peu d'ordre dans le flot de ses pensées. Une quinzaine de minutes de plus lui suffirent et il s'éveilla, clignant péniblement des yeux. Alec faisait rarement de siestes, il détestait cela ! Mais comme tant d'autres, ce choix s'était imposé à lui et il avait dû s'étendre...


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Lasher
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mer 13 Juil 2016 - 1:08

Lasher était à court d’idée pour venir en aide à son interlocuteur. Pour tout avouer, sa propre confusion ne l’aidait en rien à se montrer innovant ou performant. Alors qu’il s’était tout simplement préparé à boire une boisson chaude dans le café au coin de la rue, il s’était retrouvé assaillit par des émotions incontrôlables qui n’avaient cessé de prendre de l’ampleur à chaque instant. Son étreinte, la fermeté de ses bras, étaient les seules choses qu’il avait encore à offrir à Alec pour le moment. Malheureusement, ces dernières n’étaient pas suffisantes. Le brun lui demanda s’il pouvait aller se reposer un peu dans sa chambre, témoignage de son inefficacité totale. Ainsi, l’étudiant avait opté pour mettre un terme à leur échange, préférant s’isoler et s’éloigner de lui pour trouver du réconfort. Le seul aspect positif qui ressortait de tout cela était qu’il restait dans l’appartement. La porte d’une possible réconciliation restait donc toujours entrouverte. Mais pour combien de temps ? Quand est-ce que le verdict finirait par tomber ? Redoutant ce moment plus que tout au monde, l’hybride repoussa cette pensée pour ne pas sombrer dans la panique complète. D’une voix anormalement grave, expression directe de la boule qui s’était formée au fond de sa gorge depuis une éternité, il répondit tout en relâchant son ancien meilleur ami.

Fais comme chez toi.

C’était une phrase qu’il lui avait lancé de nombreuses fois d’un ton ironique alors même qu’ils étaient en colocation à l’époque. Son cœur se serra dans sa poitrine tandis qu’il se demandait s’il aimerait qu’ils réaménagent un jour ensemble. Si toute cette histoire sordide n’avait pas vu le jour, il était évident que les deux protagonistes seraient toujours ensemble, se chamaillant pour qui serait de corvée de ménage. Le regardant s’éloigner, « Arthur » ne se releva que lorsqu’il eut disparu de son champ de vision. Sa chambre n’était pas compliquée à trouver, en particulier depuis qu’il lui avait donné un indice en partant se changer ! Les minutes défilèrent à la vitesse d’un escargot alors que le blond faisait les cent pas dans son appartement. Le serveur aurait beau se réveiller dans dix jours que la situation lui paraîtrait toujours aussi complexe ! Combien de temps s’écoula jusqu’à ce que les premiers signes de fin de sommeil lui montent aux oreilles ? Il n’en avait pas la moindre idée. Comme coupé du monde réel, l’hybride était bien trop perdu dans ses pensées pour accorder la moindre attention à ce genre de détail insignifiant. Ce dernier avait opté pour ne pas s’introduire dans la pièce tant que l’individu sommeillait, dans le but de ne pas créer de situations qui ne ferait que rajouter de la gêne à celle déjà dense. Mais, tandis qu’il entendait le brun s’étirer, il était temps de réduire la distance qui les séparait. A pas feutrés, il se dirigea vers sa chambre où il vit un Alec étendu, les yeux ouverts mais toujours aussi perdus. Lasher vint s’asseoir auprès de lui avant de poser sa main droite sur le bras de son interlocuteur.

Tu veux que je t’apporte quelque chose à boire ? Je peux même cuisiner si tu as faim. Tu serais surpris des progrès que j’ai fait !

Une remarque qui se voulait être décontractée, comme si elle serait suffisante pour repousser l’atmosphère lourde et pesante qui s’était abattue sur eux dès le premier instant de leurs retrouvailles. Il y avait une chance sur dix mille qu’elle ait le résultat escompté, mais cela valait la peine d’essayer. Tout de même, le fils Colt ne mentait pas en avançant cette information. Autrefois, il avait toujours été celui préparant des repas quelconques dont le strict minimum d’effort était nécessaire pour les réaliser. Alec avait toujours eu plus de patience que lui pour composer des mets plus originaux et savoureux. Mais, loin de lui, il avait dû se débrouiller entièrement par lui-même. D’ailleurs, il ne put s’empêche de rajouter un détail accompagné d’un petit rire.

Je t’ai piqué ton livre de cuisine. Il m’a bien aidé.

Si « piqué » était le bon terme puisqu’il avait fait cela en pensant que le propriétaire du bouquin était décédé ! Peu importe la formulation. L’essentiel était que l’hybride prenait énormément sur lui pour ne pas se laisser happer à nouveau par la vague mélodramatique pourtant inévitable. Comment son interlocuteur allait bien pouvoir réagir face à ce soudain détachement ? Ce n’était pas un point qui le préoccupait particulièrement. Après tout, il ne faudrait pas plus d’une poignée de secondes pour qu’Alec saisisse ses motivations. Qui plus est, pouvait-il le blâmer de vouloir arrondir les angles ?

Fronçant les sourcils, « Arthur » remarqua enfin l’état épouvantable de l’étudiant. Sa main était rougie et, bien qu’elle n’ait pas saigné de nouveau, l’entaille était toujours saillante. Aussi, ses vêtements étaient à deux doigts d’être secs mais ils étaient tellement chiffonnés qu’il aurait été facile de se méprendre quant au fait que celui qui les portait les avait récupérés dans une poubelle ! Non, vraiment, ce n’était pas un tableau splendide qui s’offrait à ses yeux. Finalement, mieux aurait-il valu lui proposer d'enfiler d'autres fringues malgré leur différence de taille dès leur arrivée ! D’un ton inquiet, il lâcha :

Il faudrait t’occuper de ta main. Il y a longtemps déjà que nous aurions dû la désinfecter et la bander.

Tout le nécessaire était dans la salle de bain après tout ! Disons que le moment de penser à cela n’était jamais arrivé jusqu’ici.

Aussi, nous sommes tous les deux au courant que mes affaires ne te vont pas. Mais si tu souhaites te changer, on pourrait peut-être te trouver quelque chose de potable…

C’était une invitation à peine camouflée de ne pas l’abandonner, de rester à ses côtés le plus longtemps possible. N’y tenant plus tandis que leurs regards se croisèrent durant une fraction de seconde, Lasher se pencha sur lui pour lui déposer un doux baiser sur le front. Savourer un tel contact avec lui était incroyable car jamais il n'aurait pensé cela possible quelques heures auparavant. Si seulement le plaisir était partagé... Les paupières closes, le garçon aurait aimé que cet instant soit éternel. Malheureusement, lorsqu’elles se rouvrirent et qu’il se redressa, la seule chose qu’il put prononcer fut :

Désolé.

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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Jeu 14 Juil 2016 - 12:23

Dans ses vêtement mouillés, Alec était encore étendu sur le lit de celui qui avait été son meilleur ami pendant plus de dix ans. Ses yeux s'ouvraient à peine et il était forcé de cligner des paupières pour s'habituer doucement à la lumière. Dehors, la pluie tombait toujours et le ciel était gris. Mais sa tête le lançait toujours. Elle lui rappelait la douleur qui se refermait comme un étau autour de son poing encore rouge. Alec resta quelques instants immobile, rassemblant ses esprits. Arthur était son meilleur ami. Ils avaient vécu ensemble pendant quatre ans. Mais un jour, le père du grand blond avait commandité l'attaque de la famille Harrington. Ses parents avaient tous deux péri, et Alec avait été forcé de s'exiler sur la côte ouest. Suite à cet événement tragique, le beau brun avait découvert sa nature de sorcier. Et aujourd'hui, toutes les pièces du puzzle s'imbriquaient. Devaient-ils laisser le dragon gagner et mettre leur amitié aux oubliettes ? La réponse aurait sans doute été non. Mais pardonner à Arthur de lui avoir menti toutes ses années avait un arrière-goût bien trop amer pour que Alec puisse le faire sur le champ. Il fallait qu'Arthur lui prouve ne rien avoir en commun avec son père. Et pour cela, Alec réalisait qu'il devait lui laisser une chance, aussi difficile que cela soit. Il en avait envie. Il le voulait. Sa décision prise (tout du moins c'était ce qu'il pensait), le jeune homme s'étira en laissant s'échapper un : « Mmmmmmh » de sa gorge. Il pensait avoir froid, mais c'était l'humidité de ses vêtements qui avait dégorgé dans les draps. Merde..., se dit-il par réflexe. Pourtant, il ne bougea pas, les yeux rivés sur la fenêtre à laquelle il faisait face. Des bruits de pas le sortirent de ses pensées. Arthur s'approchait dans la pénombre. Et bien qu'Alec lui tournait encore le dos, le jeune homme savait qu'il était à présent dans la chambre. D'autres pas encore le placèrent dans son champ de vue tandis qu'il prenait place sur le lit, cachant à moitié la fenêtre de la chambre que les yeux d'Alec n'avaient pas quittée. Le grand brun détourna ses yeux de l'ouverture quand la main d'Arthur se posa sur son bras. La tête toujours dans le coton, il observa les lèvres du beau blond lui proposer quelque chose à boire ou à manger. « Tu serais surpris des progrès que j’ai fait ! », ajouta-t-il non sans humour.

Alec déposait son sac à dos dans l'entrée de l'appartement qu'il partageait avec son meilleur ami quand il sentit une odeur persistante de brûlé.

« Qu'est-ce que tu fous ?
- Des pancakes ! »,
avait répondu Arthur avec fierté.

Alec s'était approché et se grattait maintenant l'arrière de la tête, comme s'il hésitait à dire la vérité.

« Tu sais que c'est censé être doré, pas vrai ? Pas noir !
- C'est une recette de famille, okay ?
- Ton grand-père est mort d'une intoxication alimentaire, c'est ça ? »
, avait-il répondu avant de se pincer les lèvres.

C'en avait été trop pour Arthur qui, après avoir retiré la poêle du feu, s'était mis à poursuivre Alec dans l'appartement avec le flacon de sirop d'érable dont il menaçait d'en déverser le contenu sur la tête.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres d'Alec. On n'aurait su dire s'il était fatigué ou encore plongé dans ses réflexions tant il demeurait immobile. Sa remarque n'ayant sûrement pas eu l'effet escompté, Arthur en rajouta une couche en annonçant qu'il lui avait volé son livre de cuisine. Cette fois, il fit mouche et déclencha un léger gloussement étouffé chez Alec qui se mua en hilarité sincère.

« Je crois que c'est bien LE truc que je n'aurais jamais pensé à te léguer, tiens ! »

C'était étrange de se dire que ses affaires avaient peut-être été traitées comme celle d'une victime du cancer. Données, par-ci par-là, ou bien jetées. Alec se redressa péniblement et croisa les bras sur ses genoux. Il remarqua le regard d'Arthur se poser sur sa main encore rouge. Il ne fallait pas être voyant pour prédire les prochains propos du jeune homme.

« D'abord je veux bien un café... s'il te plaît. »

Demanda-t-il avec un léger sourire poli. Il devait honorer les efforts évidents d'Arthur. Peut-être qu'un café l'aiderait à se réveiller un peu... « Aussi, nous sommes tous les deux au courant que mes affaires ne te vont pas. Mais si tu souhaites te changer, on pourrait peut-être te trouver quelque chose de potable… » Alec baissa la tête sur sa tenue. Il ferait peut-être bien de se changer s'il ne voulait pas attraper la mort. De toute façon je vais encore être trempé, faut que je rentre à l'appartement... Il n'aimait pas spécialement son lieu de vie. La chambre lui paraissait petite, étriquée, et le rendait presque claustrophobe ! Il ne s'y sentait pas chez lui, tout simplement. Alec s'apprêtait à relever la tête pour lui demander un tee-shirt quand il sentit Arthur déposer un baiser sur son front. Le grand brun se figea en sentant un courant électrique lui parcourir la colonne vertébrale. Il leva les yeux et scruta le visage de son meilleur ami à la recherche d'une réponse à la question qu'il n'avait pas énoncée. « Désolé. » Alec ne savait pas encore s'il avait envie de l'encourager. Mais il ne voulait pas non plus le repousser. Ses joues se tintèrent de rose et il le dévisagea avec douceur tout en souriant.

« Tu... me prêterais un tee-shirt et... je sais pas, un short ou un truc chaud ? »

Arthur était sur le point de se lever, sûrement pour partir lui chercher une des deux choses qu'il lui avait proposées, quand le jeune homme réalisa qu'il était injuste de le laisser dans le flou.

« Attends ! », l'appela-t-il en attrapant son poignet. « J'ai réfléchi. »

Alec était allé bien plus vite à dire ce qu'il ne savait pas encore comment formuler. Il marqua donc une pause de quelques secondes pour essayer de construire des phrases intelligibles.

« Je sais que tu n'y es pour rien... tu n'es pas responsable. Tu n'aurais pas dû me mentir, mais je peux comprendre que tu redoutais de me dire la vérité si tu m'appréciais vraiment. » Alec s'éclaircit la gorge. « Je pensais ce que j'ai dit tout à l'heure. Tu m'as manqué. Mais il va me falloir du temps pour te refaire confiance... J'ai l'impression de manquer de respect à la mémoire de mes parents en te laissant rentrer dans ma vie comme ça... Je sais. C'est con. Mais j'arrive pas à passer au dessus... Je... J'ai besoin de temps. Mais j'ai envie de te faire confiance ! C'est pas la question... »

Mais j'ai peur d'être déçu. J'ai peur que tu me blesses de nouveau. J'ai peur que ça ne marche jamais. Que notre relation ne fasse que causer plus de douleur. De morts. Alec n'était plus très sûr de savoir qui son meilleur ami était. Il lui fallait du temps pour découvrir, avec de la chance, qu'il était resté le même.

« Mes parents t'adoraient... »

Ils l'avaient maintes fois harcelé pour savoir si leur amitié ne pouvait pas évoluer. Ses parents le trouvaient être le gendre idéal : plus que n'importe qui, il rendait leur fils heureux et avait toujours été là pour lui. Mais Alec s'était gardé de le faire savoir à Arthur, ayant peur d'y prêter plus d'attention qu'il ne l'aurait fallu.


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Lasher
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Jeu 14 Juil 2016 - 16:49

Pour la première fois, Alec lui fit le privilège de laisser un rire s’échapper de sa gorge. Ce fut un instant bref mais béni pour son interlocuteur dont le visage s’était quelque peu éclairé. Son tourment intérieur avait laissé place à un rayon de soleil discret, signe que tout n’était pas encore perdu. S’il ne voulait pas sombrer à nouveau, il lui fallait se raccrocher à ce mince espoir et prier pour que tout finisse par s’arranger. Après tout, de par l’attitude de son ancien colocataire, il pouvait en conclure qu’au moins quelques miettes de leur relation d’antan pouvait être sauvées et chéries sans crainte. Présentement, il n’était pas question d’en demander plus. Cela était déjà extraordinaire en soi. « Arthur » accompagna cette manifestation de bonne humeur de la même manière, se moquant au passage de sa qualité spéciale de cuisinier catastrophe. Il est vrai que nombre de ses intentions pour faire plaisir à l’étudiant étaient littéralement parties en fumée lorsqu’ils partageaient le même temps. Cependant, derrière la douce moquerie dont il était victime à ces occasions, il était persuadé que le garçon était touché par sa générosité et son envie de lui faire partager de bons plats surprises alors qu’il rentrait de cours par exemple. Bon d’accord. Très souvent il s’agissait de cadeaux empoisonnés.

Partager ce court moment d’amusement, de partage et d’intimité lui réchauffait le cœur aussi sûrement que mille promesses de réconciliation. Pendant une fraction de seconde, il eut l’impression d’être de retour un an en arrière. Si seulement c’était le cas ! Sur ce, le serveur lui annonça avec politesse qu’il ne serait pas contre un bon café, probablement pour lutter contre le froid et l’humidité qui le tenaillaient. Avant de s’exécuter, Lasher lui proposa de lui prêter des fringues de rechange pour qu’il soit davantage à l’aise. Il est vrai qu’il ne pensait même pas à l’état de ses propres draps. Toute son attention était focalisée sur son ancien meilleur ami. Il était plus important que tout le reste et ce pour un nombre de raisons incalculable. C’est sur cette pensée, et leurs regards qui se croisèrent, le blond ne put résister à l’envie qui le tourmentait depuis longtemps. Ainsi, il vint déposer un baiser éclair sur le front de son interlocuteur avant de s’en excuser bêtement. Dans une tout autre situation, les joues d’Alec ne se seraient sûrement pas mises à rougir car ce contact n’avait rien d’exceptionnel entre eux. Comme dit précédemment, ils s’étaient toujours montré très tactiles l’un envers l’autre. Mais désormais… Ce geste paraissait avoir une toute autre signification qu’aucun des deux protagonistes ne souhaitaient se mettre à décrypter.

Comme pour évincer cet énième moment gênant, l’ancien disparu répondit à la question précédente qui lui avait été soumise. « Arthur » ne pouvait pas lui reprocher de faire diversion. Alors, il commença à se lever mais fut interrompu par la main de son ancien colocataire qui vint le retenir par le poignet. Lorsque ce dernier annonça qu’il avait réfléchi, le jeune homme se crispa légèrement, se préparant à subir une nouvelle déchirure à son âme. Ainsi, il allait déjà connaître le verdict ? Ou du moins le premier jet de celui-ci ? Rien ne serait définitif, sûrement que sa décision serait affinée avec le temps. Malgré cela, il tendit bien les oreilles tandis que son estomac s’apprêtait à se retourner. Un silence vint introduire un rapide monologue qui lui déclencha une somme incroyable de sentiments : du soulagement, de la honte, du remord, de l’empressement comme si c’était en son pouvoir d’accélérer le cours du temps, et, à nouveau, une honte profonde lorsque son interlocuteur annonça que ses parents l’adoraient. Une boule se forma dans sa gorge alors qu’il ouvrait la bouche pour reprendre la parole. Une poignée de secondes furent nécessaires pour que l’hybride soit à nouveau en capacité de répondre. Son regard était à nouveau brouillé et sa voix faiblarde, mais il tentait au mieux de se contenir.

Déjà, je veux que tu arrêtes de parler au conditionnel lorsque tu abordes mes sentiments pour toi d’accord ? exigea-t-il de manière douce tout en posant sa main dans la nuque d’Alec pour que son regard ne lui échappe pas. De deux, j’admirais tes parents. En toute sincérité, j’ai toujours été jaloux que tu ais la chance d’avoir une telle famille quand moi je n’ai que…

Ses paupières se fermèrent un instant pour lui permettre de reprendre le dessus sur l’émotion qui l’envahissait.

Bref, je regrette sincèrement ce qui leur ait arrivé car je tenais énormément à eux. Ce qui rend toute cette histoire encore plus difficile à gérer sur tous les plans. Si j’avais su ce qui se tramait, les choses auraient été différentes. Jamais je n’aurai choisi mon père à la place de tes parents. Sois en certain.

« Arthur » lui adressa un léger sourire qui se voulait rassurant et chaleureux. Il ne pouvait être on ne peut plus franc ! Toutes les paroles qu’il versait, il les pensait du fond du cœur. Comme c’était à son tour de s’exprimer, le garçon poursuivit sur sa lancée. Tant de points pouvaient être soulevés suite à la confession du serveur ! Ils pourraient y dévouer des heures que le dialogue serait toujours sans fin. Malgré l’horreur de ce qui était raconté, l’hybride devait avouer que discuter avec son interlocuteur était comme un rêve éveillé. D’autant plus maintenant qu’ils échangeaient sans en venir au désespoir et à la colère. Lasher espérait que cela ne changerait pas d’ici la fin de leurs retrouvailles.

Tout ça pour dire que je comprends que tu ais besoin de temps et que, bien évidemment, je te l’accorde sans réfléchir. Moi-même je ne suis pas certain d’avoir réalisé que tu es toujours en vie, que je peux encore te toucher, rire avec toi… Ça semble tellement… irréel…

Plus par dépassement que par amusement, il pouffa. Cela ne pouvait être un simple rêve. Ou un cauchemar pour être exact. Non, il s’agissait bien de la réalité et il allait devoir s’y faire d’une manière ou d’une autre.

Et je l’avoue volontiers. J’ai été stupide. Je pensais que tu serais en danger si tu apprenais la vérité. Pas seulement à propos de ce que je suis, mais à l’échelle globale. Le fait qu’il existe des sorciers, des démons… Un humain n’est pas censé avoir connaissance de cela. C’est contre les règles comme tu le sais peut-être. Ces horreurs ne sont le résultat que d’une incompréhension stupide, insensée et injustifiée…

Encore une fois, s’il avait su qu’Alec n’était pas un être comme les autres n’ont plus, les chances que le blond se serait confié à lui aurait été multiplié à l’infini. Mais ce n’était pas censé se dérouler de la sorte comme les deux protagonistes l’avaient compris depuis longtemps.

Quand je suis avec toi… Disons que tu sais faire surgir le meilleur de moi-même. L’humain. Je ne suis rien d’autre en ta présence. Du moins, c’était comme ça avant. Aujourd’hui… Les choses sont différentes. Je suis un monstre maintenant…

Lasher baissa les yeux puis se leva pour de bon après quelques secondes. Il se dirigea vers son armoire et en sorti plusieurs fringues : un pull et un t-shirt assez ample, ainsi qu’un pantalon et un short légèrement trop grands pour lui. Le malheur de ne pas essayer ses vêtements avant de passer en caisse. Il les déposa près de son ancien meilleur ami tout en évitant son regard puis lança :

Je te laisse te changer. J’espère que ça ira. S’il y a un souci, tu peux regarder par toi-même. Je n’ai rien à cacher là-dedans que tu ne connaisses déjà.


Avant de quitter la pièce, « Arthur » lui donna une tape amicale sur l’épaule et parti en direction de la cuisine pour préparer la boisson chaude qui lui avait été demandé. Si l’étudiant souhaitait se soigner, il pouvait se rendre dans la salle de bain dont l’accès se trouvait dans la chambre elle-même. Patientant pour que le café se réchauffe, le jeune homme sortit un paquet de gâteaux. D’après ses souvenirs, il s’agissait des gâteaux industriels en barquette préférés d’Alec. Se rappelant toujours des goûts de ce dernier, il rajouta la dose de sucre habituelle de son ancien colocataire avant d’aller s’asseoir à la table de la salle à manger qui était entourée de deux chaises élégantes.

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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Sam 16 Juil 2016 - 11:23

La première réaction d'Alec avait été égoïste, mais c'était bien normal. Il réalisait maintenant les nombreux efforts que faisait Arthur et ne voulait pas les laisser impayés. Et comme il n'était pas encore tout à fait sûr de pouvoir lui pardonner, le jeune homme choisissait ses mots avec prudence. Il ne fallait pas que l'un d'eux soit prononcé plus haut que l'autre, ou qu'il laisse le moindre doute sur ses intentions. C'est pourquoi Alec choisissait toujours le temps du conditionnel pour parler des sentiments d'Arthur. Malgré tous les efforts de son meilleur ami pour lui assurer leur véracité, le grand brun savait que seul le temps pourrait lui montrer s'ils étaient sincères et solides. Les deux amis s'accrochaient à la mémoire de ce qu'ils avaient été un jour, chacun à sa manière.

Leurs retrouvailles avaient été des plus difficiles. Véritable choc, elles les avaient cloué au sol comme deux vulgaires poupées de chiffon. Aussi bien qu'ils tentaient maintenant de s'économiser et de se préserver l'un l'autre. Mais revenir aux vieilles habitudes était compliqué. Il fallait passer outre la gêne et les œufs sur lesquels ils marchaient avec délicatesse pour blaguer et tenter de se soutirer un rire. La tâche était d'autant plus ardue qu'Alec manquait de sommeil. Le grand brun dormait peu et avait été assigné à l'ouverture de la boutique ce matin-là. Les heures s'étaient rapidement accumulées et la brutalité de leur conversation avait terminé de l'achever. Mais ces quelques dizaines de minutes à rester étendu sur le lit d'Arthur avait quelque peu reposé Alec qui commençait tout juste à mettre de l'ordre dans ses idées. Il avait accepté un café pour montrer à son meilleur ami qu'il n'avait pas changé. Malgré tout ce qui venait d'être dit, Alec espérait qu'il en soit de même pour le beau blond. Et pour continuer à essayer de lui faire comprendre que lui aussi essayait tant bien que mal de renouer avec leur relation fusionnelle, il accepta même qu'on lui prête quelque chose à se mettre.



Alec sortait de la salle de bain avec pour seule tenue la serviette qui était enroulée à sa taille. À l'aide d'une autre, plus petite, le jeune homme se séchait vigoureusement les cheveux. Arthur s'était toujours moqué de lui d'utiliser deux serviettes. Mais le grand brun répondait toujours que ça lui donnait l'impression d'être à l'hôtel et que c'était bien pratique. Pourtant, ce jour-là, ce ne fut pas le sujet de leurs taquineries. Le grand blond lui tournait le dos, accoudé sur le comptoir de leur cuisine aménagée à l'américaine. Il regardait les informations à la télévision. Mais même de dos, Alec réalisa que quelque chose clochait dans ce portrait :

« Hey ! Mais c'est mon pull !
- Quoi ?
, avait demandé Arthur sans se retourner, trop absorbé par ce qu'il voyait à la télé.
- Depuis quand tu portes mon pull ?
- Je ne porte pas ton pull !,
avait râlé le beau blond.
- Je te dis que c'est mon pull ! Il est trop long pour toi !
- Impossible. Ce pull est classe, c'est forcément le mien !
- Je voulais le mettre en plus, tu fais chier!
, avait-il fait mine de s'indigner.
- Tu m'saoules, tiens, le voilà ton pull ! », répondit-il en retirant promptement le haut.

Alec déposa la serviette qu'il tenait dans ses mains sur ses épaules et attrapa le vêtement au passage. Il avait fait semblant de le l'observer sous toutes ses coutures avant de s'exclamer :

« Je peux plus le mettre, y a ton parfum immonde dessus ! »

Alec lui avait ensuite lancé un regard amusé. Arthur, lui, avait fait semblant d'être énervé, mais son meilleur ami n'avait pas été dupe. La scène lui avait donné envie de rire.



Les lèvres d'Arthur s'étaient posées sur son front, et Alec s'était senti transporté. Il aurait voulu qu'elles restent sur sa peau et qu'elles le bercent jusqu'à ce qu'il se rendorme. Mais même pour eux, un tel baiser aurait été étrange... Il leur rappelait sans doute le dernier échange qu'ils avaient eu avant qu'Alec disparaisse. Il leur rappelait le baiser qu'ils avaient échangé. Un véritable baiser. Lèvres contre lèvres, bouche contre bouche, cœur contre cœur. C'était sans doute pourquoi Arthur s'était excusé. Cherchant à tout prix à cacher le fond de sa pensée, Alec avait joué la carte de l'indifférence. Mais ses joues l'avaient sûrement trahi. Il les sentait rougir et chauffer. C'en était trop pour l'étudiant qui avait alors voulu mettre les choses au clair. Et bien qu'il déteste cette situation, les deux jeunes hommes allaient devoir faire avec les cartes qu'on leur avait distribuées. Le grand brun l'avait joué franc-jeu et avait tenté de mettre des mots sur leur position. Maintenant que c'était fait, il observait Arthur, anxieux de savoir ce qu'il en pensait lui. « Déjà, je veux que tu arrêtes de parler au conditionnel lorsque tu abordes mes sentiments pour toi d’accord ? », avait-il finalement lâché d'une voix qui ne laissait pas la place au doute. Il le lui demandait gentiment, mais ne voulait pas lui laisser le choix. Je vais essayer, répondit-il sans prononcer un seul mot. Comme souvent avec son meilleur ami, ses yeux et son sourire parlaient pour lui. C'est alors qu'Arthur rebondit sur la déclaration que lui avait faite Alec à propos de ses propres parents. Le grand blond lui avoua qu'il les avait toujours admirés. Il s'était même senti jaloux d'une aussi belle relation. Jamais, ô grand jamais n'aurait-il choisi son propre père à la famille Harrington s'il avait su ce qui allait se produire. Le grand brun réceptionnait les mots et essayait aussitôt de leur donner du sens. Ils t'auraient accueilli à bras ouverts ! Tu faisais déjà partie de la famille !, voulait-il lui crier. Mais il ne l'avait pas fait, se répétant une nouvelle fois qu'Arthur n'y était pour rien. Ça lui prendrait du temps, mais il finirait par accepter cette évidence. Il rendit au beau blond le sourire chaleureux qu'il lui adressait alors. Enfin, au plus grand soulagement du brun, son meilleur ami décida de lui accorder le temps qu'il lui réclamait. Alec pouffa avec lui. C'était vrai : la situation paressait irréelle. « Et je l’avoue volontiers. J’ai été stupide. Je pensais que tu serais en danger si tu apprenais la vérité. », à ces mots, le cœur de l'étudiant se serra. Il réalisait avoir fait le même choix lorsqu'on lui avait annoncé qu'il était sorcier. Plus de mensonge !, avait voulu dire Alec par cela.

« Je comprends... Je sais... J'aurais sûrement fait la même chose... Mais je ne crois pas que je te l'aurais caché aussi longtemps. »

L'interrompit-il avant de l'écouter de nouveau. Alec avait la désagréable impression d'être la marionnette du Destin, qui lui, avait la fâcheuse tendance à vouloir les faire souffrir au maximum avant de s'en désintéresser ! C'était là la vision à court-terme d'un jeune homme qui, de toute façon, n'avait pas le don de clairvoyance. Alec pensait que la conversation était terminée quand il entendit de nouveau la voix grave d'Arthur : « Quand je suis avec toi… Disons que tu sais faire surgir le meilleur de moi-même. L’humain. Je ne suis rien d’autre en ta présence. Du moins, c’était comme ça avant. Aujourd’hui… Les choses sont différentes. Je suis un monstre maintenant… ». Le grand brun s'apprêtait à le questionner quand Arthur détourna le regard, visiblement honteux. Il décida alors de garder cette information pour plus tard. « Chaque chose en son temps », songea-t-il.  Et ils pouvaient bien profiter d'un instant de répit. Le regard d'Alec se perdit de nouveau dans la contemplation de la fenêtre et il ne vit pas son meilleur ami lui trouver quelques vêtements à enfiler. « Je te laisse te changer. » Le grand brun le dévisagea et sourit timidement. Il attendit qu'il soit sorti pour bouger. Se dressant sur ses jambes, Alec prit à bout de bras les vêtements que lui avait choisis Arthur. Par curiosité, il regarda d'abord dans l'armoire. Le jeune homme se faisait la réflexion que le style vestimentaire de son meilleur ami avait sensiblement changé quand son regard se posa sur un pull. Il fourra les vêtements qu'il portait dans un coin et entreprit de le sortir. Le tenant devant ses yeux, Alec sentit son sourire s'élargir malgré lui. Le pull qu'Arthur lui avait volé maintes et maintes fois était toujours là, dans ses affaires. Le grand brun avait fini par lui donner indirectement lorsqu'il avait disparu... Cette énième preuve venait le conforter dans sa décision et lui susurrait qu'il ne se trompait pas. Ne voulant pas le faire savoir à Arthur, Alec plia l'objet de mémoire avec attention et le replaça exactement là où il l'avait trouvé : entre deux autres pulls qu'il n'avait jamais vus de sa vie. Optant pour le pantalon et pull parce qu'il avait encore froid, Alec se rendit dans la salle de bain pour s'y changer. Avant de quitter la pièce, il regarda dans l'armoire à pharmacie et emporta avec lui compresses et désinfectant dans le salon.

« Hey... tu crois que tu pourrais m'aider à bander ma main ? »

Demanda-t-il avec douceur alors qu'il s'attablait en face de lui. Devant eux fumaient encore les café que son meilleur ami leur avait préparés.

« Laisse-moi deviner... Deux sucres ? »

Demanda-t-il encore, cette fois la voix emprunte à l'humour. Arthur faisait toujours la même erreur. Depuis qu'il avait pris l'habitude de lui faire son café, le grand blond était persuadé qu'il l'aimait sucré. À en juger par la petite cuillère qui se trouvait dans le mug, cela non plus n'avait pas changé. Loin d'être agacé, Alec trouva ce geste des plus rassurants. Il cherchait dans chacun d'entre eux le souvenir de son meilleur ami et se réjouissait intérieurement chaque fois qu'il l'apercevait.

« J'aime pas le café sucré... », dit-il, plus enjoué qu'il ne l'aurait sans doute été quelques mois auparavant, tout en faisant tournoyer la cuillère dans le mug. « Ça, par contre, c'est toujours le diable en personne ! », s'exclama-t-il en voyant les gâteaux.

Il utilisa sa main valide pour en attraper un et le fourrer dans sa bouche. Arthur se rappelait donc qu'il était incapable de leur résister, aussi têtu qu'il soit pour bien d'autres choses.

« Sympa l'appartement ! Ça fait longtemps que tu es à San Francisco ? »

Alec se doutait de la réponse, mais s'ils devaient essayer de combler les trous, autant le faire en apprenant ce qu'ils étaient devenus pendant ces longs mois d'anonymat.


¤¤¤



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"Chaque personne qu’on s’autorise à aimer, est quelqu’un qu’on prend le risque de perdre" ~ Tu sais ce qui a de plus douloureux dans un chagrin d’amour ? C’est d’pas pouvoir se rappeler ce qu’on ressentait avant. Essaie de garder cette sensation. Parce que si tu la laisses s’en aller... Tu la perds à jamais. (skins) ©️endlesslove.
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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mar 19 Juil 2016 - 12:11

Oui, les deux amis avaient vécu bien trop longtemps dans le mensonge. Maintenant que la vérité avait éclaté, leur relation serait-elle encore plus fusionnelle ou bien ternie ? C’était une question à laquelle seul le temps parviendrait à répondre. Lasher n’avait pas pris la peine de se montrer explicite quant à ses actions en tant qu’être maléfique. L’étudiant ne devait pas en savoir plus pour le moment, car cela déclencherait probablement une énième catastrophe. Cela étant dit, Alec devait avoir conscience de ce que ce nouveau statut signifiait. Heureusement, ce dernier semblait repousser l’instant où il creuserait sa réflexion quant à ce point précis. Le blond n’avait fait qu’une seule victime et tentait par tous les moyens de ne pas en faire de nouvelles. Mais jusqu’à quand y parviendrait-il ? Réussirait-il durant toute son existence à faire le Mal tout en évitant soigneusement de creuser la tombe de nombreux innocents ? D’ailleurs, pourquoi était-il dérangé à l’idée d’être un meurtrier ? Son humanité était bien plus tenace qu’il ne voulait l’admettre. Après tout, il avait passé 25 ans de sa vie avec nul autre que des individus dénués de dons surnaturels. La transition était donc incroyablement difficile, et cela n’irait pas en s’arrangeant.

Tandis qu’« Arthur » venait de terminer de préparer deux cafés et qu’une boîte de gâteaux était posée sur la table de la salle à manger, le second protagoniste refit son apparition dans la pièce. C’était très étrange de le voir porter ses fringues car ce n’était presque jamais arrivé depuis l’incroyable poussée de croissance du serveur. En tous les cas, celui-ci avait étonnamment bonne mine maintenant qu’il était habillé de vêtements propres et secs. Avec cette apparence, le côté chien battu avait comme disparu, et le propriétaire des lieux eut l’impression de voir son colocataire d’autrefois débarquer. Ce passé semblait si proche, mais pourtant inatteignable. A la demande de ce dernier, Lasher hocha la tête avant de saisir le nécessaire qui était posé non loin de lui. Alors qu’il commençait à préparer le tout, l’étudiant l’informa qu’il n’appréciait pas lorsque son café était sucré. Levant les yeux vers lui d’un faux regard noir, le fils Colt répliqua :

Tu es pénible. Tu te comportes exactement pareil quand j'entreprends quoique ce soit ! Jamais content ! lança-t-il d’un ton de reproche. Malheureusement pour toi, j’ai compris ton petit jeu depuis longtemps. Tu aimes tout ce que je fais, mais tu veux juste me faire tourner en bourrique.

Levant un sourcil tel un signe d’évidence et non dénué d’une relative supériorité, il retourna à sa besogne tandis que l’étudiant continuait à se servir dans les friandises. Ce n’était pas rare, à l’époque de leur colocation et même auparavant, que les deux garçons simulent des disputes stupides. En général, « Arthur » parvenait à jouer son rôle jusqu’au bout, refreinant des fous rires à l’aide d’énormément de volonté et de concentration. Ce moment précis n’échapperait pas à la règle. Il était incroyable de constater la facilité qu’il avait à retrouver ses bonnes vieilles habitudes, pourtant enfuies à jamais quelques heures auparavant. Un soulagement et une joie sans fin l’habitaient. Sauver leur relation était encore possible, même si cette dernière serait forcément différente à certains égards.

Alec finit par l’interroger sur sa présence à San Francisco, prenant soin au passage de complimenter son appartement. Avant d’y répondre, le garçon saisit délicatement la main blessée de son ami dans la sienne et commença à appliquer du désinfectant tout en s’excusant des picotements que le produit allait provoquer sans l’ombre d’un doute. Cette scène n’avait pourtant rien de romantique mais le cœur de Lasher battait tout de même la chamade. Le moindre contact physique avec le brun provoquait en lui des sensations incroyables qu’il aurait aimé faire taire, ne sachant pas leur nature avec pertinence. Alors qu’il entreprenait de bander sa main, il lâcha :

Tu t’es vraiment salement amoché… Et encore, tu as eu de la chance de ne rien te casser.

Concentré sur sa tâche, il ne releva les yeux qu’une fois celle-ci terminée. Avec un petit sourire, l’hybride décida qu’il était temps de répondre à l’interrogation qui lui avait été soumise auparavant. Après avoir bu une gorgée de son café sucré, il reprit la parole.

Un mois environ. J’ai vécu pendant un moment avec mes parents, mais je me suis tiré en vitesse lorsque j’ai appris… Tu sais quoi.

« Arthur » ne souhaitait pas relancer le sujet. Il n’avait rien à ajouter et ses paroles n’avaient pas le pouvoir de changer la réalité.

J’aurai pu prendre plus grand mais c’est suffisant. Parfois, je me dis que tout cet espace est même inutile pour une seule et unique personne.

Quand il rentrait chez lui et qu’il constatait que l’ensemble de ces pièces étaient vides de présence humaine, le jeune homme ne pouvait s’empêcher de ressentir une pointe de tristesse l’assaillir. Vivre seul après des années en compagnie de son présent interlocuteur était un changement des plus périlleux. Lasher n’était pas persuadé qu’il réussirait un jour à s’y habituer totalement, s’attendant à chaque instant à être confronté à des situations telles que celles du fameux pull, ou même du café sucré. La solitude n’était pas un sentiment qu’il appréciait, il le craignait même car il s’agissait du meilleur moyen pour se prêter à des idées noires. La pseudo-résurrection d’Alec n’y changerait probablement rien. Celui-ci ne reviendrait jamais auprès de lui n’est-ce pas ? Qui souhaiterait partager son habitation avec un être tel que lui ? Bien entendu, il était encore bien trop tôt pour demander une confirmation de cette hypothèse alors qu’ils avançaient toujours dans le flou le plus total.

Mais bon. Cette ville est sympa, dit-il pour relativiser. Et toi ? Tu es ici depuis le début ? Tu vies dans une chambre sur le campus ?

« Arthur » ne savait pas où en était précisément son interlocuteur quant à ses études. Les poursuivait-il tout en travaillant à côté pour se faire un peu d’argent dans le but de payer ces dernières qui devaient être très onéreuses ? Ce qui était certain était que le serveur ne devait pas résider dans un endroit tel que lui. Tous les deux ne possédaient pas les mêmes moyens financiers. Attendant patiemment la réponse de son interlocuteur, il se mordit l’intérieur de la joue pour s’empêcher de lui crier de le rejoindre dans son appartement. Malheureusement, le seul argument impersonnel qu’il aurait à lui fournir serait : « tu serais juste à côté de ton boulot. » Tu me manques tellement… songeait-il tandis qu’il espérait que cette réflexion ne se reflète pas dans son regard.

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MessageSujet: Re: S1E4 : Quand le passé resurgit Mer 3 Aoû 2016 - 18:46

Pour de nombreuses personnes, mieux valait-il vivre dans le déni. Alec n'avait jamais été de ces gens-là. Le grand brun avait toujours privilégié l'honnêteté au mensonge, et ce, même quand celui-ci était destiné à protéger ceux qu'il aimait. C'était pourquoi cette trahison était plus douloureuse que jamais ! Toute sa vie Alec avait cru Arthur sincère. Jamais ne l'aurait-il soupçonné être ce qu'il était : un démon, un être démoniaque. Ô bien sûr, la jolie tête blonde était bien davantage. Si on avait demandé au grand brun de le définir, le jeune homme aurait sûrement dit d'Arthur qu'il était d'une beauté sans pareille, qu'il était généreux et incroyablement sécurisant, qu'il savait faire la fête comme personne et connaissait tout de lui. Il le pensait être d'une gentillesse sans fond, et était alors loin de se douter être la raison pour laquelle Arthur cultivait une telle bonté. Il y avait pourtant eu de nombreux signes avant-coureurs. Le grand blond avait toujours essayé de jouer les mauvais garçons avec tout le monde, sauf lui et sa famille. Mais Alec y avait vu une carapace qu'Arthur s'était forgé avec le temps pour se protéger de son père. Rien de plus... Et certainement pas sa véritable nature ! Aujourd'hui que la vérité avait éclaté au grand jour, Alec tentait tant bien que mal de renouer avec leur passé, avec celui qu'il avait été contraint de laisser six mois auparavant. Peut-être était-il toujours là ? Caché dans les méandres de son armoire, entre deux pulls, comme le chandail qu'il lui avait volé. Emprunté !, se corrigea-t-il avec amusement. C'était comme si la voix d'Arthur s'était indignée dans sa tête. Il semblait être le même. Alec peinait toujours à croire qu'il se tenait là, assis devant une table dans cet immense appartement. Bien sûr, à côté de sa chambre étudiante, tout appartement prenait des allures de penthouse. Mais celui-ci lui rappelait leur foyer new yorkais. C'était peut-être les quelques photos d'eux qui traînaient dans la pièce, mais l'étudiant se sentait étrangement à l'aise. « Hey... tu crois que tu pourrais m'aider à bander ma main ? », demanda-t-il alors pour annoncer son retour. Le beau blond hocha la tête et se saisit des outils que venait de déposer Alec sur la table. Lorsque le jeune homme fit une remarque sur le café sucré que lui avait préparé si gentiment son meilleur ami, Arthur perdit son calme, ce qui ne fit qu'accentuer le sourire amusé que portait le beau brun aux lèvres. « Tu aimes tout ce que je fais, mais tu veux juste me faire tourner en bourrique. », s'indigna-t-il encore. Le jeune homme se concentra pour ne pas perdre son calme et pour camoufler le rire qui ne demandait qu'à échapper de sa gorge. Il laissa le silence s'installer quelques secondes tandis que sa main indemne faisait tournoyer lentement la cuillère dans la tasse de café. Toujours sans décrocher son regard de celui d'Arthur, il porta ensuite la boisson à ses lèvres pour en prendre une gorgée. Il reposa la tasse avant de se lécher instinctivement les lèvres pour y récolter tout le sucre qui s'y était déposé. Enfin, dans un murmure, il lâcha un :

« N'empêche que je le préfère sans sucre. »

Il n'avait pas pu s'en empêcher. Et puis c'est vrai !, se pardonna-t-il. Le petit air suffisant qu'avait pris Arthur avait terminé de le persuader qu'il lui fallait répondre. Après tout, Alec adorait le taquiner. Presque autant que son ex-colocataire ! Et pour clôre la conversation, l'étudiant décida de reporter son attention sur l'appartement lui-même. Un tel endroit n'avait sûrement pas été très facile à trouver à San Francisco. Il ignorait les détails de la situation financière d'Arthur mais en concluait que son loyer devait être assez élevé. Surtout qu'il y avait largement de quoi installer une deuxième personne dans les lieux ! À bien y réfléchir, c'était peut-être cela aussi qui le mettait aussi à l'aise. Il se voyait encore sortir de sa chambre en râlant parce qu'il ne trouvait pas ses clefs. Ou encore appeler un Arthur somnolant sur un canapé pour qu'il vienne l'aider à fixer une énième étagère pour sa bibliothèque personnelle. Lorsqu'il sortit de ses rêveries, Alec s'aperçut que sa main blessée reposait maintenant dans celle du beau blond. Il grimaça en sentant le désinfectant faire son travail sur sa plaie mais garda le peu de dignité qu'il lui restait en évitant de se plaindre ouvertement. « Tu t’es vraiment salement amoché… Et encore, tu as eu de la chance de ne rien te casser. », lâcha Arthur alors qu'il entreprenait maintenant de bander sa main. Alec pouvait sentir des picotements le lancer mais son attention était concentrée sur le contact qui les unissait physiquement. Le grand brun était bien content que son ex colocataire soit aussi investi dans la tâche. De cette façon, il ne le voyait pas le transpercer du regard. De ce fait, lorsqu'il le vit bouger, Alec fit mine de regarder ailleurs. Il cligna des paupières et porta ses yeux sur sa tasse encore légèrement fumante. Sa main était à présent bandée et désinfectée. Pourtant, le jeune homme se surprit à souhaiter que le temps se soit écoulé bien moins rapidement. Se résignant, il bougea son bras devant lui pour s'assurer que le pansement n'était pas trop serré. Parfait.

« Merci ! C'est parfait. », répéta-t-il, cette fois à voix haute.

Pour s'occuper, il attrapa sa boisson chaude et la porta à ses lèvres. C'est quand même vachement sucré... Il ne l'avait pas dit à voix haute, mais sa tête l'avait sûrement vendu. Pour se faire pardonner, il se para instinctivement d'une petite moue adorable dont il avait le secret. Ainsi donc, Arthur vivait ici depuis un mois. Le beau blond lui appris qu'il avait séjourné chez ses parents jusqu'au jour où il avait découvert que son père avait commandité l'assassinat de ses parents à lui. C'était une preuve de plus de sa bonne foi : il avait fui sa propre famille en apprenant l'horreur dont elle était responsable. Son regard fut triste malgré sa tentative de sourire. Mais Alec noya aussitôt sa réaction dans un peu plus de café. « J’aurai pu prendre plus grand mais c’est suffisant. » En entendant ces mots, Alec pouffa dans sa tasse et manqua de s'étouffer. Il la déposa sur la table avant de venir s'essuyer les lèvres avec le revers de sa main. « Parfois, je me dis que tout cet espace est même inutile pour une seule et unique personne. »

« Sans blague ! Je me perdrais presque à ta place ! », plaisanta-t-il. « C'est mort, tu mets pas les pieds chez moi ! », avait-il ensuite réfléchi à haute voix.

Alec resta silencieux une seconde avant de réaliser comment ses mots pouvaient être interprétés.

« J'veux dire, j'ai honte ! C'est tout petit chez moi. Ça fait triste à côté de ta villa ! Mais bon, c'est pratique, je suis près du campus. »

Il gloussa pour gagner en assurance. Alec hocha la tête lorsqu'il entendit Arthur affirmer que la ville était plutôt sympathique à vivre. Il avait eu l'occasion de la découvrir un peu plus en la compagnie d'Andrew. Et le jeune homme s'était rapidement avoué qu'il y avait bien pire comme endroit où être forcé de recommencer à zéro. Comme s'il lisait dans ses pensées, le beau démon lui demanda s'il était là depuis le début.

« Oui... En fait... Ma grand-mère m'a dit la vérité quand j'étais à l'hôpital et elle s'est arrangée avec notre... ange gardien ? Bref. Elle s'est arrangée pour qu'il m'amène incognito ici. Grams devait se dire qu'entre New York et San Francisco il y avait un monde ! Si seulement elle savait... », dit-il en pouffant de rire. Le saurait-elle un jour ? Il n'avait plus de contact avec elle. « Il m'a aidé à trouver une chambre étudiante », confirma-t-il. « Une nouvelle identité. Et puis il est mort... »

Oui, depuis un certain temps, Alec avait la fâcheuse impression que tous ceux qui l'entouraient mourraient. Alec baissa la tête un instant puis reporta son attention sur Arthur. Il lui tendit sa main valide et la lui offrit pour se présenter.

« Scott McGowell. Étudiant en recherches littéraires et barista à mi-temps. »

L'humour était sa façon à lui de ne pas s'apitoyer sur son sort. Il détestait avoir dû tout quitter. Il haïssait avoir été ainsi arraché à sa vie. Mais pendant six mois, il avait appris à faire avec. Son regard pétilla un instant et il eut de nouveau l'impression que rien n'avait changé. Après un temps respectable de transition, Alec détourna à nouveau son regard du liquide noir pour le planter dans celui de son meilleur ami. La question le taraudait... et il avait besoin d'une réponse.

« Tout à l'heure tu m'as dit que tout avait changé... Tu as dit que tu étais un monstre... Qu'est-ce que ça voulait dire exactement ? »

Le message était sûrement on ne peut plus clair, mais Alec avançait encore à tâtons dans le monde magique. Il avait besoin qu'on lui tienne la main. Ses joues s'étaient empourprées et son cœur avait sans doute raté un battement. Mais il voulait en avoir le cœur net.


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"Chaque personne qu’on s’autorise à aimer, est quelqu’un qu’on prend le risque de perdre" ~ Tu sais ce qui a de plus douloureux dans un chagrin d’amour ? C’est d’pas pouvoir se rappeler ce qu’on ressentait avant. Essaie de garder cette sensation. Parce que si tu la laisses s’en aller... Tu la perds à jamais. (skins) ©️endlesslove.
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S1E4 : Quand le passé resurgit

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